Des inondations à Ariana aux risques liés à l’eau à Jendouba, de la neige à Siliana aux épisodes de chaleur et de sable à Kébili, les alertes régionales dessinent une question plus large : comment mesurer et suivre les vulnérabilités propres à chaque territoire tunisien ? WMC propose d’en faire un chantier éditorial permanent.
Une inondation, un incendie ou un épisode de neige est d’abord une actualité. Répétés, localisés et rapprochés de données sur les infrastructures, les réseaux et les populations, ces événements peuvent devenir autre chose : une carte des vulnérabilités territoriales.
C’est le principe du projet WMC — Atlas des risques territoriaux.
Passer de l’événement à la vulnérabilité
L‘observation de WMC fait apparaître plusieurs familles de risques dans les sujets régionaux suivis : inondations à Ariana, enjeux liés à l’eau et aux espaces ruraux à Jendouba, neige et isolement à Siliana, chaleur et tempêtes de sable à Kébili, incendies forestiers dans le Nord-Ouest.
Ces rapprochements constituent pour l’instant des pistes issues du corpus éditorial WMC et doivent être documentés individuellement avant toute comparaison.
Mais leur juxtaposition pose déjà une question éditoriale : au lieu de traiter chaque événement comme un épisode isolé, peut-on construire une grille permanente permettant d’observer la vulnérabilité des territoires ?
Une matrice commune pour les 24 gouvernorats
La Tunisie compte 24 gouvernorats. L’Atlas pourrait appliquer à chacun d’eux une même grille documentaire : inondation, incendie, sécheresse, canicule, neige, tempête de sable, vulnérabilité des réseaux, population exposée et système d’alerte.
Il ne s’agirait pas d’attribuer immédiatement une note de risque à chaque gouvernorat. Une telle notation exigerait une méthodologie documentée, des séries comparables et des critères de pondération explicites.
La première étape serait plus fondamentale : identifier les données disponibles, leur source, leur période, leur granularité géographique et les zones encore non documentées.
Du Radar à une infrastructure éditoriale
Le contexte institutionnel renforce l’intérêt d’une telle approche. Le ministère de l’Intérieur indiquait le 9 septembre 2026 vouloir renforcer l’anticipation et la prévention dans le dispositif national de gestion des catastrophes.
Pour WMC, l’enjeu serait différent mais complémentaire : construire un outil journalistique permettant de suivre les signaux dans le temps et de rapprocher événements, territoires et vulnérabilités.
L’Atlas deviendrait ainsi moins une photographie qu’une base évolutive.
À mesure que les données seraient vérifiées, chaque gouvernorat disposerait d’une fiche actualisable. Le Radar ne suivrait plus seulement une succession d’événements régionaux : il commencerait à documenter, dans la durée, la géographie des risques en Tunisie.
Chiffres clés
- 24 gouvernorats à intégrer dans la matrice territoriale.
- 9 dimensions proposées : inondation, incendie, sécheresse, canicule, neige, tempête de sable, réseaux, population exposée et système d’alerte.
- 5 signaux territoriaux identifiés dans le corpus initial : Ariana, Jendouba, Siliana, Kébili et Nord-Ouest.
- 100 MDT associés à Ariana dans le corpus transmis, mais donnée non vérifiée indépendamment à ce stade.


