Trente entreprises tunisiennes sont en Guinée du 6 au 11 octobre pour prospecter les opportunités ouvertes par Simandou 2040. Face à un programme affichant 200 milliards de dollars d’investissements sur quinze ans, l’enjeu n’est toutefois plus de multiplier les missions : il est de transformer les rendez-vous en offres, puis en contrats. tabc.org.tn
La taille de la délégation donne une première indication : infrastructures, énergie, industrie, santé, agroalimentaire, technologies et services figurent parmi les activités représentées par les 30 entreprises tunisiennes présentes en Guinée. Des rencontres B2B et des échanges avec les acteurs économiques guinéens sont programmés.
Un marché qui dépasse largement la mine
L’intérêt de la mission tient surtout à son calendrier. Le programme officiel Simandou 2040 affiche 200 milliards de dollars d’investissements sur quinze ans, répartis autour de cinq piliers. Il recense 14 secteurs prioritaires et 122 projets structurants. Simandou 2040
Pour les entreprises tunisiennes, plusieurs domaines correspondent directement à des besoins identifiés par la Guinée : énergie, infrastructures et habitat, eau, transport, technologies, industrie agroalimentaire ou santé. Le programme vise notamment plus de 2 900 km d’autoroutes et 2 500 km de voies ferrées à l’horizon 2040.
Le potentiel est donc considérable. Mais potentiel ne signifie pas marché acquis.
Le compteur pertinent démarre maintenant
Au 6 octobre, 30 entreprises en mission ne signifient pas 30 contrats. Aucun montant de commandes obtenu par les opérateurs tunisiens n’est annoncé dans les sources consultées.
La performance devra donc être mesurée autrement : nombre de rendez-vous B2B qualifiés, constitution éventuelle de consortiums, offres déposées, appels d’offres ciblés, contrats remportés et montants effectivement facturés.
Cette logique est d’autant plus importante que les entreprises tunisiennes prospectent déjà d’autres marchés africains. Une vingtaine d’entreprises ont ainsi participé à une mission multisectorielle à Abidjan au printemps 2026, tandis qu’une mission d’affaires Tunisie-Sénégal s’est tenue en juin.
La Guinée devient ainsi un nouveau test de la stratégie africaine tunisienne : passer d’une diplomatie de missions et de B2B à une logique de contrats et d’implantation durable. Le prochain chiffre important ne sera donc pas le nombre d’entreprises ayant fait le déplacement à Conakry, mais la valeur des marchés qu’elles auront réussi à convertir.
Chiffres clés
- 30 entreprises tunisiennes en mission ;
- 6-11 octobre 2026, durée de la mission ;
- 200 Mds $, investissements affichés par Simandou 2040 sur quinze ans ;
- 122 projets structurants ;
- 14 secteurs prioritaires ;
- ND, montant de contrats tunisiens annoncé à ce stade.


