La rotation de la Terre connaît depuis plusieurs années une accélération inhabituelle. Le phénomène reste imperceptible dans la vie quotidienne, mais il pose un problème très concret aux scientifiques et aux infrastructures numériques. Du 13 au 15 octobre 2026, une conférence internationale pourrait décider d’une réforme majeure du temps universel.
Une journée compte officiellement 86 400 secondes. Mais la Terre n’est pas une horloge parfaitement régulière : sa vitesse de rotation fluctue sous l’effet de phénomènes liés notamment à l’atmosphère, aux océans et aux mouvements internes de la planète.
Pour maintenir le temps universel coordonné (UTC), fondé sur les horloges atomiques, proche du temps déterminé par la rotation terrestre, une seconde intercalaire peut être ajoutée. Depuis 1972, 27 secondes ont ainsi été introduites.
Mais la situation s’est inversée. L’accélération récente de la rotation terrestre fait désormais apparaître la possibilité, à terme, d’une seconde intercalaire négative : il faudrait alors supprimer une seconde plutôt qu’en ajouter une. Une opération jamais réalisée jusqu’ici.
Le problème concerne surtout l’économie numérique. Télécommunications, réseaux électriques, systèmes bancaires, marchés financiers, Internet, GPS et satellites dépendent d’une synchronisation extrêmement précise. Une seconde supprimée brutalement pourrait perturber certains systèmes informatiques.
C’est précisément ce risque qui accélère la réforme.
La 28e Conférence générale des poids et mesures (CGPM), organisée du 13 au 15 octobre à Versailles, doit examiner une résolution destinée à assurer la continuité de l’UTC. Le projet prévoit de faire entrer le nouveau système en vigueur le 20 mai 2027 et d’autoriser progressivement un écart entre temps atomique et rotation terrestre pouvant atteindre 3 600 secondes, soit une heure, avant une correction.
Attention toutefois : aucune seconde ne sera retirée de nos horloges en octobre. L’IERS a déjà confirmé qu’aucune seconde intercalaire ne sera introduite fin décembre 2026.
L’enjeu d’octobre est donc beaucoup plus profond : décider si l’humanité doit progressivement cesser d’ajuster ses horloges seconde par seconde aux irrégularités de la rotation terrestre.
Après avoir réglé nos horloges sur le mouvement du Soleil pendant des millénaires, nous pourrions définitivement entrer dans l’ère du temps atomique continu.


