Le compositeur de musique de film occupe une place centrale dans la création artistique, s’imposant comme le « troisième auteur » d’une œuvre après le scénariste et le réalisateur, a affirmé le compositeur, pianiste et producteur musical Selim Arjoun lors d’une rencontre professionnelle organisée lundi à la Cité de la culture de Tunis.

Cette table ronde, consacrée au « métier de compositeur de film » s’est tenue dans le cadre de la 11e édition des Journées musicales de Carthage (JMC), qui se déroule du 3 au 10 octobre 2026.

Au cinéma comme à la télévision, la musique est « le produit d’une étroite collaboration entre le réalisateur et le compositeur », a estimé le pianiste tunisien devant un public de professionnels et de techniciens du son. Selon lui, la bande originale apporte une dimension esthétique et créative supplémentaire, permettant de façonner l’univers des personnages et de renforcer leur connexion avec le spectateur.

Fort d’une expérience de plus de 40 œuvres à son actif, entre films de fiction, documentaires et séries, Selim Arjoun également interprète, a détaillé les différentes étapes de création musicale, de la naissance de l’idée à sa réalisation. Il a insisté sur le fait que chaque projet possède sa propre identité sonore, qui doit s’accorder avec le scénario et la vision du réalisateur, tout en préservant la signature artistique du compositeur.

Évoquant ses collaborations marquantes, le musicien a notamment parlé de son travail avec le réalisateur Lassâad Oueslati sur les deux saisons de la série Harga (2021 et 2022). Il a également partagé son expérience récente avec le cinéaste Mehdi Hmili pour la série El Matbaa, diffusée sur la Télévision nationale durant le Ramadan 2026. Dans ce contexte, il a mis en avant le choix artistique d’accorder une large place à la musique dans les scènes de silence « afin d’analyser la psychologie des personnages » .

L’intervenant a rappelé la différence de temporalité entre le cinéma, où la musique intervient généralement sur un film déjà monté, et la télévision, où le travail s’effectue épisode par épisode. Il a également souligné le rôle central des ingénieurs du son et des techniciens dans la valorisation de la création musicale.

Les rencontres professionnelles des JMC se poursuivent tout au long de la semaine, avec notamment des débats consacrés à l’avenir de la musique à l’ère de l’intelligence artificielle et aux défis des jeunes artistes émergents.