Le service de la dette tunisienne pourrait revenir autour de 20 milliards de dinars en 2027, selon les projections de l’analyste financier Bassam Ennaifer. Une détente qui ouvrirait une marge budgétaire. Mais son ampleur et surtout son utilisation restent à déterminer.

La baisse attendue du service de la dette pourrait changer une partie de l’équation budgétaire tunisienne en 2027. Bassam Ennaifer estime que cette charge pourrait revenir autour de 20 milliards de dinars, proche des niveaux de 2023 et inférieure à celle de 2026.

L’analyste fonde notamment son estimation sur un service de la dette intérieure d’environ 6,46 Mds DT et prévoit une dette extérieure à rembourser inférieure à 5 Mds DT en 2027.

Une marge, mais pour quelle priorité ?

C’est là que commence le véritable enjeu du budget 2027. Une diminution de la pression exercée par la dette ne signifie pas automatiquement davantage d’argent disponible pour de nouvelles dépenses : les besoins budgétaires restent multiples.

Bassam Ennaifer estime notamment que les dépenses de compensation pourraient augmenter, sous l’effet des orientations sociales de l’État mais aussi du niveau des prix internationaux des matières premières, notamment du blé. Il recommande également de retenir pour 2027 une hypothèse de prix du Brent supérieure à celle utilisée pour 2026.

Dès lors, la question centrale sera celle des arbitrages. La détente sur la dette servira-t-elle à renforcer l’investissement public, absorber le coût de la compensation, financer d’autres dépenses ou réduire davantage le déficit ? À ce stade, les éléments consultés ne permettent pas de trancher.

Le financement intérieur resterait central

L’expert anticipe parallèlement un déficit budgétaire inférieur à 6 % en 2027 et estime que son financement devrait continuer de reposer principalement sur les ressources intérieures, les financements extérieurs disponibles étant davantage destinés aux projets d’investissement.

Il prévoit également une relative stabilité du dinar et ne s’attend pas à une nouvelle hausse générale de la pression fiscale, privilégiant l’hypothèse d’incitations ciblées. Ces éléments restent toutefois des anticipations d’expert sur le projet budgétaire, et non les dispositions définitives d’une loi de finances votée.

Pour 2027, le chiffre des 20 milliards est donc un signal. L’enjeu décisif viendra ensuite : savoir comment l’État arbitrera la marge que la détente de la dette pourrait lui rendre.

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Chiffres clés

20 Mds DT : service de la dette 2027 anticipé par Bassam Ennaifer.
6,46 Mds DT : estimation utilisée pour le service de la dette intérieure.
Moins de 5 Mds DT : projection concernant la dette extérieure à rembourser en 2027.
Moins de 6 % : déficit budgétaire anticipé pour 2027.

Site : Ministère des Finances