Les rencontres professionnelles Tunisie–Türkiye organisées lundi 5 octobre à Tunis ouvrent une nouvelle piste pour l’industrie automobile tunisienne. Mais entre prospection commerciale et véritable plateforme internationale de sourcing, plusieurs étapes restent à franchir.

Lundi, des industriels turcs de l’automobile rencontreront à Tunis des entreprises locales autour des pièces, de l’aftermarket, des moteurs et transmissions, du freinage, du châssis ou encore des composants mécaniques. L’OİB, association turque des exportateurs du secteur, affiche l’objectif de créer de nouvelles relations commerciales et des possibilités de coentreprises. Pour l’instant, cependant, aucun contrat, investissement ou fournisseur tunisien retenu n’est annoncé.

Un socle industriel déjà branché sur l’Europe

Le rendez-vous intervient sur un terrain industriel existant. Selon la Tunisian Automotive Association, la filière comptait en 2025 près de 300 entreprises, environ 120 000 emplois et près de 3,9 milliards d’euros d’exportations annuelles. L’Allemagne absorbait 37 % de ces exportations et la France 21 %, signe d’une intégration déjà forte aux chaînes européennes.

Cette base continue d’attirer des investissements. À Béja, Kromberg & Schubert a engagé 270 MDT dans sa deuxième unité, principalement orientée vers les systèmes de câblage pour véhicules électriques.

Le rapprochement avec la Türkiye ajoute donc un troisième élément : la possibilité de connecter davantage les capacités tunisiennes à un autre grand écosystème manufacturier méditerranéen.

Le vrai test commence après les B2B

Pour que la Tunisie devienne réellement une base de sourcing entre Europe, Türkiye et Afrique, les rencontres devront se traduire par des commandes, des qualifications de fournisseurs, des coentreprises ou de nouveaux sites industriels.

La dimension africaine reste, elle aussi, à construire concrètement. La Tunisie dispose d’une implantation euro-méditerranéenne et affiche une ambition régionale, mais un « hub » ne se mesure pas aux rencontres organisées : il se mesure aux flux industriels qu’il parvient à fixer.

Le signal du 5 octobre sera donc intéressant moins par le nombre de rendez-vous que par ce qui en sortira : contrats signés, fournisseurs sélectionnés, projets de sourcing et investissements effectivement engagés.

Chiffres clés

  • 5 octobre 2026 : rencontres B2B Tunisie–Türkiye à Tunis. Association Tunisienne de l’Automobile
  • ≈300 entreprises dans la filière selon la TAA en 2025. 120 000 emplois annoncés dans le secteur.
  • ≈3,9 milliards d’euros d’exportations annuelles.
  • 37 % vers l’Allemagne ; 21 % vers la France.
  • 270 MDT engagés dans Béja 2 par Kromberg & Schubert. Web Manager Center