La Tunisie enregistre environ 4 500 nouveaux cas de cancer du sein chaque année. Ce chiffre devrait passer à environ 6 000 d’ici 2030, selon les déclarations du président de l’Association tunisienne d’assistance aux malades du cancer du sein ATAMCS, le docteur Khaled Rahhal, à l’agence TAP, lors de sa participation à la « Marche rose », organisée ce dimanche par l’association en partenariat avec l’Institut français de Tunis, au parc Nahli, afin de sensibiliser le public à l’importance de la prévention et du dépistage précoce du cancer du sein.
Au cours de cet événement, il a indiqué que le dépistage précoce constitue un facteur essentiel pour augmenter les chances de guérison et éviter la progression de la maladie, soulignant que la détection de la maladie à un stade très précoce peut porter le taux de guérison à 100 % et éviter à la patiente une chimiothérapie dans la plupart des cas.
Rahhal a expliqué la hausse du nombre de femmes touchées par cette maladie par L’évolution et Le vieillissement démographique que connait la Tunisie, ce qui pourrait contribuer à une augmentation du nombre de cas au cours des prochaines années.
Il a souligné que le cancer du sein ne se limite pas aux personnes âgées, précisant que le taux d’incidence chez les femmes de moins de 35 ans en Tunisie se situe, selon ses estimations, entre 10 et 11 %, contre environ 2 à 4 % dans certains pays occidentaux.
Il a insisté « sur la nécessité de consacrer du temps au dépistage, au moins une fois par an, car un diagnostic précoce permet d’intervenir avant que l’évolution de la tumeur pour atteindre des stades plus graves ».
Les répercussions du cancer du sein ne se limitent pas à l’aspect sanitaire, puisque le coût des médicaments destinés à son traitement en Tunisie dépasse les 200 millions de dinars par an, selon Rahhal, qui a précisé que ce coût est susceptible d’augmenter avec l’apparition De nouveaux médicaments très coûteux lors de leur mise sur le marché.
De son côté, la secrétaire générale de l’ATAMCS, Malak Bouderbala, a indiqué que les campagnes de dépistage et les caravanes sanitaires organisées par l’association contribuent à détecter les cas à un stade précoce, précisant que sur 100 femmes soumises à un dépistage lors des campagnes menées par l’association, 15 cas de la maladie en moyenne sont détectés à un stade précoce.
Elle a précisé que l’association intensifie ses activités au cours du mois d’octobre, dans le cadre de l’« Octobre rose », en organisant des journées de sensibilisation et des campagnes de dépistage précoce, parallèlement aux caravanes sanitaires qui sillonnent les différentes régions de la République tout au long de l’année.
Nayla Khazri, membre de l’Association tunisienne de soutien aux malades du cancer, a déclaré à la TAP que cette manifestation visait également à encourager la pratique sportive et l’adoption d’un mode de vie sain. Elle a appelé les femmes à se soumettre régulièrement à des dépistages, à réduire les facteurs de risque, notamment l’obésité, ainsi qu’à adopter une alimentation équilibrée et à pratiquer une activité physique.
Au cours de cette manifestation, organisée dans le cadre des activités d’« Octobre rose » en présence de l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, et avec la participation de médecins, de représentants de la société civile , une marche de plusieurs kilomètres, suivie d’ateliers et d’activités de sensibilisation à la santé dans le parc, consacrés au cancer du sein et à ses moyens de prévention.


