La septième édition du festival « Regards de Femmes », consacrée à la création cinématographique féminine arabe, a débuté samedi soir à Nabeul et Hammamet sous le slogan « Oui… il y a de l’espoir ».

Le festival, qui se poursuit jusqu’au 7 octobre, entend offrir une visibilité accrue aux femmes cinéastes et leur permettre d’investir l’espace public dans un domaine artistique où la présence masculine demeure importante.

La programmation privilégie des courts métrages expérimentaux, documentaires et de fiction qui s’éloignent des formes classiques, réalisés par des femmes et abordant notamment la maternité, la nature, la patrie et l’identité.

Le court métrage documentaire expérimental « Merveille de la vie », de la réalisatrice palestinienne Sabrine Khoury, a ouvert la manifestation.

Le film explore la maternité à travers l’expérience de la réalisatrice, enceinte et en exil, en s’intéressant aux transformations de son corps ainsi qu’aux interrogations suscitées par la maternité dans un contexte d’exil.

« Venue d’un pays en guerre permanente, la maternité est multiple et l’expérience de la mère palestinienne ne peut être réduite à un modèle unique », souligne le film.

Lors de l’ouverture, la fondatrice du festival, Manal Souissi, a estimé que l’espoir demeurait présent malgré les guerres et les crises, le qualifiant de « forme de résistance et de résilience ».

Le festival se veut également un espace de découverte, d’expérimentation et d’étonnement, a-t-elle ajouté.

La soirée inaugurale a également rendu hommage à la réalisatrice libanaise Heiny Srour, invitée d’honneur et cinéaste associée à cette septième édition. Son documentaire « Le Cheikh chanteur », consacré au chanteur et militant égyptien Cheikh Imam, a été projeté en deuxième partie de soirée.

Sorti en 1999, le film constitue notamment un témoignage d’archives sur la vie de Cheikh Imam, figure emblématique de la chanson engagée en Egypte, surnommé la voix des pauvres et des marginalisés.

Heiny Srour a indiqué que ce documentaire lui avait coûté cher professionnellement, affirmant avoir été placée sur une liste noire après les critiques formulées dans le film à l’encontre des « barons du pétrole ».

La septième édition met en compétition 19 films dans la compétition officielle, sous la présidence du réalisateur égyptien Yousry Nasrallah.

Le jury comprend également les Tunisiens Souheir Ben Amara et Ghanem Zrelli, ainsi que la réalisatrice marocaine Khawla Asbab Ben Omar et la Libyenne Jihan Al-Keikhia.

Au total, 19 réalisatrices arabes de Tunisie, d’Algérie, du Maroc, de Libye, de Palestine, d’Egypte, de Jordanie, de Syrie et du Liban participent à la compétition.

La Tunisie est représentée par trois films : le documentaire « Les tomates maudites » de Marwa Taïba, ainsi que les fictions « Saloupet » de Ferial Ben Boubaker et « Ephémère » de Sarah Ben Ammar.

L’Algérie présente « Au-delà de la mer » d’Inès Dhaïf, « Voix » de Sirine Achir et « Les gardiennes de nuit » de Nina Khadda. Le Maroc participe avec quatre films : « Tu nages » de Lylian Rahal, « Jardins du paradis » de Sonia Trabelsi, « El Mina » de Randa Maroufi et « Aïcha » de Sanae Allaoui.

La Libye est représentée par le documentaire « Couleurs » de Nora Ali et la Palestine par « Tissu » de Bayan Abu Taama. L’Egypte présente les fictions « Bonne année maman » de Joumana Nasser et « Les rêves de Dandara » de Sabrine El-Hossami.

La Syrie participe avec « Il ne reste que les mots » de Joyce Ouska, la Jordanie avec « Tu te souviendras de moi ? » de Doha Al-Athamna et « Divine Secret » de Saba Younes. Le Liban est représenté par « From Distance Chickens Teeth » de Rifqa Al-Halou et « Les tisseuses de la terre » de Rima Kadissi.