Le fondateur de l’association tunisienne de médecine de famille Ziad Ben Lamine a souligné samedi, que le système médical en Tunisie est incapable, actuellement, d’intégrer les diplômés en médecine de famille dans les secteurs public et privé en raison de plusieurs facteurs, mettant en garde contre cette situation qui pourrait entraîner la fuite et la perte de jeunes compétences, dont une partie a choisi de partir à l’étranger ou de changer de spécialité.

Ben Lamine a indiqué, dans une déclaration à la TAP, en marge de l’ouverture du 20ème congrès médical de l’association tunisienne de médecine de famille, que le secteur privé dans la spécialité de médecine de famille est saturé, ce qui suscite des inquiétudes parmi les jeunes médecins souhaitant ouvrir un cabinet privé, notamment en termes de coût et la rentabilité, appelant les nouveaux diplômés à élaborer des études de faisabilité et à choisir des régions qui connaissent un manque de médecins exerçant pour leurs propres compte.

Dans ce contexte, il a rappelé les résultats d’une étude sur “la situation actuelle des médecins de famille”, réalisée depuis trois ans dans le cadre des activités de l’association, ayant révélé que sur 300 jeunes médecins diplômés en médecine de famille, seulement 15 ont été recrutés dans le secteur public, alors que 10 ont ouvert des cabinets privés. Il a noté l’absence de données concernant le nombre restant de spécialistes en médecine de famille qui selon lui, ont choisi de partir à l’étranger, ou de changer de spécialité.

Ben Lamine a appelé à la nécessité d’intégrer les jeunes compétences médicales dans la spécialité de médecine de famille, signalant que le secteur privé connait actuellement un vieillissement de nombreux médecins proche de l’âge de la retraite et que les opportunités de recrutement dans le secteur public sont limitées.

Pour sa part, la présidente de l’association tunisienne de médecine de famille, Awatef Chadi a indiqué dans une déclaration à la TAP que la sortie de la première promotion en médecine de famille a eu lieu en 2020, ajoutant que le nombre total de médecins de famille en Tunisie s’élève à environ 500.

Chadi a souligné que ce congrès vise principalement à offrir une formation continue aux médecins de première ligne sur les innovations dans le domaine médical afin d’améliorer les services et de réduire la pression croissante sur les médecins de troisième lignes dans les hôpitaux universitaires.

Elle a affirmé que ce congrès, qui se tiendra durant deux jours, comprend notamment, des débats scientifiques, des conférences sur l’obésité, les régimes alimentaires, les interventions chirurgicales, l’hypertension artérielle, et les risques des maladies cardiovasculaires, ainsi que la prise en charge des patients atteints de maladies rénales chroniques.