Les routes tunisiennes enregistrent moins d’accidents et moins de blessés en 2026, mais davantage de morts. Au 1er octobre, les décès progressent de 10,76 % sur un an, un paradoxe qui révèle une hausse marquée de la gravité apparente des accidents.

Depuis le début de l’année, l’Observatoire national de la sécurité routière recense 3 616 accidents, 1 029 morts et 4 692 blessés. Sur la même période de 2025, le bilan était de 4 177 accidents, 929 morts et 5 534 blessés. Les accidents ont ainsi reculé de 13,4 % et les blessés de 15,2 %, tandis que le nombre de morts a augmenté de 10,76 %.

561 accidents de moins, 100 morts de plus

C’est le contraste central : la Tunisie compte 561 accidents de moins, mais 100 décès supplémentaires. Le chiffre de 551 accidents de moins initialement avancé ne résiste pas au calcul : 4 177 moins 3 616 donnent bien 561.

Un autre indicateur permet de mesurer cette évolution. Rapporté au nombre d’accidents, le bilan représente environ 28,5 morts pour 100 accidents en 2026, contre 22,2 en 2025. Ce ratio, calculé par WMC à partir des données de l’ONSR, augmente d’environ 28 %. Il ne s’agit pas d’un indicateur publié par l’Observatoire.

La vitesse pèse davantage dans la mortalité

L’inattention et le manque de vigilance constituent la première cause recensée d’accidents, avec 1 112 cas, soit 30,75 %. La vitesse arrive ensuite avec 777 accidents, soit 21,49 %, devant le non-respect de la priorité, avec 283 accidents.

Mais le classement change lorsqu’on observe les décès : la vitesse arrive en tête avec 377 morts, soit 36,64 % du total, devant l’inattention, associée à 190 décès.

Ce décalage constitue un indice important sur la gravité des accidents liés à la vitesse. Il ne suffit toutefois pas à expliquer la hausse globale de la mortalité en 2026. Pour répondre complètement au « pourquoi », il faudrait notamment disposer d’une comparaison détaillée avec 2025 par cause, type de route, usager, circonstances et niveau de gravité.

Le constat reste donc sans ambiguïté : moins d’accidents ne signifie pas nécessairement moins de morts.