Avec 526 444 sièges disponibles en août 2026, Tunis-Carthage figure au 8e rang africain selon l’AFRAA. Un classement flatteur, mais qui mesure d’abord l’offre programmée. Pour juger la puissance réelle d’un hub, il faut aller plus loin.

La huitième place est acquise : avec 526 444 sièges disponibles en août 2026, Tunis-Carthage devance Lagos, à 483 103 sièges, et Marrakech, à 480 112. Mais le classement publié le 15 septembre par l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) ne constitue plus, au 3 octobre, une actualité nouvelle. Son intérêt est désormais ailleurs : que dit-il réellement du poids aérien de Tunis ? afraa.org

Une place forte en capacité

Le classement place Tunis derrière les grands pôles du continent. Le Caire domine avec 1 850 926 sièges, devant Addis-Abeba, 1 251 909, Johannesburg, 1 148 652, Casablanca, 803 579, et Alger, 676 242. Nairobi et Le Cap occupent les sixième et septième positions.

Tunis bénéficie aussi du poids de sa région : l’Afrique du Nord concentre 41,9 % de la capacité en sièges du continent, devant l’Afrique de l’Est, à 22,7 %, et l’Afrique australe, à 18,3 %.

Mais une capacité élevée ne suffit pas à définir un hub. Elle indique combien de sièges sont proposés, pas combien sont effectivement occupés, ni quelle proportion des voyageurs utilise l’aéroport pour effectuer une correspondance.

L’indicateur manquant : l’utilisation de cette capacité

Pour mesurer la puissance réelle de Tunis-Carthage, il faudrait croiser ce classement avec le nombre de passagers, le taux de remplissage, le nombre de destinations, la part du transit et la connectivité africaine. Sur ces critères, les données disponibles dans ce dossier ne permettent pas une comparaison rigoureuse avec Le Caire, Addis-Abeba, Johannesburg ou Casablanca.

Cette distinction est d’autant plus importante que l’offre progresse actuellement plus vite que la demande à l’échelle africaine. En juillet 2026, les ASK, qui mesurent les capacités offertes en kilomètres-sièges, ont augmenté de 9 % sur un an, tandis que les RPK, correspondant au trafic de passagers payants, progressaient d’environ 5,8 %. ATC News by Prof. Dr. Wolfgang H. Thome

Le classement de Tunis-Carthage constitue donc un indicateur de poids commercial et de capacité, pas encore la preuve d’une puissance de hub. La vraie question n’est plus combien de sièges Tunis offre, mais combien de connectivité, de trafic et de correspondances cette capacité permet effectivement de produire.

Chiffres clés

  • 526 444 sièges à Tunis-Carthage en août 2026 ;
  • 8e rang africain ;
  • 41,9 % de la capacité africaine concentrée en Afrique du Nord ;
  • +9 % pour les ASK en juillet sur un an ;
  • +5,8 % pour les RPK sur la même période.