Le festival « Tunis Tout Court » a démarré jeudi soir par la projection de courts métrages au cinéma Africa dans la capitale. Cette 14e édition se tient du 1er au 4 octobre 2026) coïncide avec la célébration du 40e anniversaire de la création de l’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC), organisatrice de la manifestation.

Les projections de la soirée d’ouverture ont été consacrées à des hommages à des figures du cinéma tunisien ayant marqué la mémoire du septième art. Il s’agit d’Ahmed Bennys (1937-2025), réalisateur du film « El Mohammedia » de 32 mn, Ali Laabidi (1950-2025), réalisateur du film « Hekayat el hekaya » 10 mn, Taoufik El Béhi l’un des plus éminents chefs décorateurs et sculpteurs en Tunisie décédé en 2026, réalisateur du film « Train… Train » 8 mn, ainsi que Fadhel Jaziri (1948-2025), à travers la projection du film « Fadhel Jaziri – Work in progress » 12 mn de la cinéaste Faten Jaziri, en hommage à son parcours artistique riche en œuvres cinématographiques, théâtrales et musicales.

Les organisateurs de cette édition ont également choisi de rendre hommage à ces artistes en préparant des portraits sous forme de vidéos documentaires issues d’ateliers d’écriture organisés par l’association, suivis par le public avant le début des projections. Ces vidéos documentent leurs principales étapes artistiques ainsi que leurs biographies.

Le film « El Mohammedia », réalisé en 1974 par Ahmed Bennys, a ouvert les projections de cette soirée. Cette œuvre est un film d’animation appartenant au cinéma de la marge, où la technique de l’animation habituellement classée comme art de divertissement est utilisée comme outil de résistance artistique et d’expression libre pour critiquer les situations politiques et sociales.

Le film retrace l’histoire de la région d’El Mohammedia à Tunis à travers le personnage d’Ahmed Bey et son désir de construire une ville et un palais inspirés du château de Versailles en France, qu’il avait visité et qui l’avait fasciné. À travers cette histoire, le réalisateur a tenté de proposer une lecture critique de ce qu’a connu la Tunisie durant la période pré-indépendance, tout en faisant un parallèle avec ce qu’a traversé le pays pendant et après l’indépendance.

Le public a également suivi le film « Hekayat el hekaya », sorti en 1982 et réalisé par Ali Laabidi, considéré comme l’un des cinéastes se focalisant sur le cinéma d’auteur et le cinéma alternatif. Le film soulève de profondes interrogations sur la question de savoir qui écrit l’histoire et qui détient le narratif dominant pour façonner la mémoire collective.

Les films « Train… Train » et « Fadhel Jaziri – work in progress » ont constitué les deux dernières projections de cette ouverture, les films ayant été présentés selon un ordre chronologique, du plus ancien au plus récent.

Les événements du film « Train… Train », sorti en 2006 et réalisé par Tawfik El Béhi, tournent autour d’un couple qui se réveille le matin avant de sortir dans la rue. L’épouse, en situation de handicap, décide soudainement de l’abandonner au milieu d’un passage à niveau, permettant au réalisateur de mettre en avant des dimensions philosophiques liées à la dureté de la vie et au côté sombre de l’être humain.

Quant au film « Fadhel Jaziri – Work in progress», sorti récemment en 2025, Faten Jaziri y a cherché à rendre hommage au parcours de Fadhel Jaziri, qui a légué un précieux héritage artistique incarnant son amour profond et sa grande passion pour le théâtre et le cinéma, deux domaines qui n’ont cessé de l’animer et de le passionner jusqu’à son dernier souffle.

Pour rappel, 16 courts métrages professionnels participent à la 14e édition du festival Tunis Tout Court, ces productions cinématographiques se répartissant entre films documentaires, de fiction et d’animation.