Le président de l’Observatoire tunisien de l’eau, Houcine Rhili, a appelé à l’adoption de solutions et de technologies modernes pour limiter l’évaporation des eaux des barrages.

Intervenant lors d’une conférence de presse organisée, jeudi par l’Observatoire tunisien de l’eau, Rhili a indiqué que la Tunisie, qui souffre d’une pénurie d’eau, devra œuvrer à réduire les quantités d’eau qu’elle perd quotidiennement en raison de l’évaporation, d’autant plus que le pays ne peut pas continuer à compter sur les eaux des barrages pour mobiliser ses ressources hydrauliques.

Se référant aux données du ministère de l’Agriculture, Rhili a relevé que l’évaporation des eaux de barrages varie entre 650 mille et 750 mille mètres cubes par jour lorsque la température atteint 28 °C. Cela équivaut, selon ses estimations, à environ la moitié de la quantité d’eau potable consommée quotidiennement par les Tunisiens.

A cet égard, Il a souligné qu’il y a des projets visant à réaliser des expériences pilotes pour lutter contre ce phénomène; à l’instar de l’expérience chinoise de lutte contre l’évaporation en utilisant les panneaux photovoltaïques, précisant que la Tunisie doit mieux maîtriser ces technologies et développer leur utilisation de manière adaptée à ses spécificités.

Rhili a, également, mis en exergue l’importance de la maintenance et de l’équipement des barrages, faisant savoir que la planification de la construction de certains barrages n’a pas suffisamment pris en compte les bassins versants et les équipements nécessaires pour réduire de l’envasement dans les barrages.

Il a expliqué que les quantités de la vase accumulées peuvent atteindre jusqu’à 30 % de la capacité de stockage de certains barrages, appelant à effectuer des travaux de maintenance périodiques de leurs équipements et à renforcer les interventions visant à préserver leur capacité de stockage.

Rhili a souligné que le défi de l’eau en Tunisie ne se limite pas à mobiliser de nouvelles ressources, mais concerne principalement la gouvernance des ressources disponibles, la rationalisation de leur exploitation et l’orientation des investissements vers la maintenance des réseaux et l’amélioration de leur rendement.

Il a, également, critiqué ce qu’il a qualifié de “solutions faciles mais coûteuses”, notamment les projets de dessalement des eaux de la mer, précisant que le véritable enjeu réside dans l’amélioration du rendement des réseaux, la réduction des pertes d’eau et la réparation des conduites, d’autant plus que la durée de vie d’environ 20 % d’entre elles a dépassé les 50 ans.