La première édition du Forum international du Halal se tient les 29 et 30 septembre à Tunis. Derrière la vitrine internationale, une question économique demeure pourtant difficile à documenter : quelle valeur la Tunisie exporte-t-elle réellement sous certification halal ?

Le potentiel est affiché. La performance, beaucoup moins.

La première édition du Forum international du Halal réunit à Tunis institutions, organismes de normalisation et de certification, entreprises, investisseurs et acteurs financiers. Organisé par FIBGN Global Business Network en coordination avec le CEPEX, l’événement prévoit notamment des rencontres B2B destinées à rapprocher entreprises tunisiennes et partenaires étrangers.

Mais pour la Tunisie, l’indicateur déterminant ne sera pas le nombre de rencontres organisées. Ce seront les exportations qui en découleront.

Autour de 50 entreprises certifiées

Un premier chiffre permet de mesurer la taille encore limitée de l’écosystème. En février 2026, le CEPEX indiquait que la Tunisie comptait autour de 50 entreprises certifiées halal, principalement dans l’agroalimentaire et les cosmétiques.

Cette donnée appelle cependant à la prudence. En 2020, une responsable de l’INNORPI faisait état de 70 sociétés certifiées. Les périodes et probablement les périmètres ou la validité des certifications doivent donc être rapprochés avant toute comparaison.

Surtout, le chiffre essentiel manque : la valeur totale des exportations tunisiennes certifiées halal.

Les sources publiques consultées ne permettent pas d’isoler de manière robuste ce flux des exportations tunisiennes globales. Impossible, dans ces conditions, de calculer sérieusement la part captée par la Tunisie sur le marché halal mondial.

La certification comme passeport commercial

Le sujet dépasse largement l’alimentaire. Le Forum couvre notamment la finance, le tourisme, le textile et le médical, tandis que les cosmétiques figurent déjà parmi les secteurs tunisiens concernés par la certification.

La certification constitue surtout une condition d’accès à certains débouchés. L’INNORPI a ainsi obtenu en décembre 2019 la reconnaissance de son système de certification halal par l’organisme malaisien JAKIM, ouvrant aux produits concernés un accès facilité au marché malaisien.

La procédure tunisienne prévoit notamment l’examen du dossier, un audit sur site, l’échantillonnage, des essais et analyses puis l’examen par le comité de certification avant décision finale.

Mais deux données indispensables à une entreprise exportatrice restent à établir précisément : combien coûte aujourd’hui cette démarche et combien de temps prend-elle ?

Le test commencera après le Forum

Le Forum peut créer des contacts. Il ne constitue pas, à lui seul, une performance exportatrice.

Les rencontres B2B des 29 et 30 septembre devront donc être suivies : nombre de contacts qualifiés, contrats éventuellement conclus, marchés ciblés et exportations effectivement réalisées.

C’est à cette condition que la Tunisie pourra mesurer non pas son intérêt pour le marché halal, mais la part qu’elle parvient réellement à en capter.

Chiffres clés

  • 29-30 septembre 2026 — dates de la première édition du Forum international du Halal.
  • Autour de 50 — entreprises tunisiennes certifiées halal selon le CEPEX en février 2026.
  • 70 — sociétés annoncées comme certifiées par l’INNORPI en février 2020, donnée historique nécessitant une comparaison de périmètre.
  • 2019 — année de reconnaissance du système tunisien de certification halal par le JAKIM malaisien.
  • Exportations halal tunisiennes : ND — aucune valeur agrégée suffisamment robuste identifiée dans les sources publiques consultées.

Site : INNORPI