Plus de 120 000 examens d’imagerie médicale ont été réalisés à distance en un an en Tunisie, selon le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani. Un volume qui témoigne d’un changement d’échelle de la téléradiologie, même si son impact économique et sanitaire reste encore à documenter précisément.

La télémédecine tunisienne commence à produire des chiffres qui dépassent le registre de l’expérimentation. À l’occasion de Telehealth Connect 2026, Mustapha Ferjani fait état de plus de 120 000 examens d’imagerie réalisés à distance en un an.

Le relevé WMC du 29 septembre fait également état de 32 hôpitaux assurant ces services 24 heures sur 24. Ce dernier chiffre reste toutefois à consolider : une interview du ministre publiée quelques jours auparavant évoquait 30 hôpitaux, tandis qu’une communication du ministère datant d’août en recensait 26.

Environ 329 examens par jour

Le volume annuel donne une première mesure de l’utilisation du dispositif. Rapportés à douze mois, 120 000 examens représentent 10 000 actes par mois, soit environ 329 par jour.

Sur la base des 32 établissements mentionnés le 29 septembre, le ratio théorique atteint 3 750 examens par établissement et par an. Ces trois valeurs sont des calculs WMC : elles donnent des ordres de grandeur et ne constituent pas des statistiques publiées sur l’activité individuelle des hôpitaux.

Cette distinction est importante. Sans ventilation par établissement, région, type d’examen et période, impossible de déterminer comment les 120 000 actes sont réellement répartis.

Chiffres clés

  • Plus de 120 000 examens d’imagerie à distance en un an.
  • 32 hôpitaux selon le relevé WMC du 29 septembre, donnée à consolider.
  • 24h/24 : couverture annoncée du service.
  • 10 000 examens/mois : calcul WMC.
  • 329 examens/jour : calcul WMC.
  • Plus de 30 pays représentés à Telehealth Connect 2026.

Du pilote à l’infrastructure

Le changement apparaît néanmoins dans la montée en puissance du réseau. En août, le ministère faisait état de 26 hôpitaux et de 120 000 examens effectués durant la première année du Digital Hospital. Une interview plus récente de Mustapha Ferjani portait le réseau à 30 établissements.

La téléradiologie devient ainsi une infrastructure opérationnelle du système de santé plutôt qu’une simple démonstration technologique.

L’enjeu économique se déplace en conséquence. Il ne s’agit plus seulement de savoir si l’imagerie à distance fonctionne, mais de mesurer ce qu’elle change réellement : combien de déplacements de patients ou de spécialistes sont évités ? Combien de transferts entre établissements deviennent inutiles ? Quels délais de diagnostic sont réduits ?

Aucune donnée disponible dans les sources consultées ne permet encore de répondre quantitativement à ces questions.

Le prochain test sera celui de l’impact

Telehealth Connect 2026 réunit à Tunis des représentants de plus de 30 pays autour notamment de la télémédecine, de l’intelligence artificielle, de la gouvernance des données et de la cybersécurité.

Pour la Tunisie, les 120 000 examens constituent désormais une base mesurable. Mais le véritable indicateur de maturité sera la capacité à publier la géographie et la nature de cette activité, puis à mesurer ses effets sur les coûts, les délais et l’accès aux spécialistes.

REPÈRE — Comment fonctionne l’imagerie médicale à distance ?

La téléradiologie permet à un examen d’imagerie réalisé dans un hôpital d’être interprété à distance par un médecin habilité, sans que celui-ci soit physiquement présent dans l’établissement où se trouve le patient.

Concrètement, l’examen est effectué sur place. Les images numériques sont ensuite transmises via une infrastructure sécurisée afin qu’elles puissent être consultées et interprétées à distance. Le médecin transmet son compte rendu à l’établissement demandeur, qui peut l’intégrer à la prise en charge du patient.

L’intérêt du dispositif est particulièrement important lorsqu’un établissement ne dispose pas en permanence du spécialiste nécessaire. Un réseau fonctionnant 24 heures sur 24 peut ainsi mobiliser à distance des compétences médicales pour plusieurs structures.

Dans le cas tunisien, les informations disponibles établissent l’existence d’un réseau d’hôpitaux pratiquant l’imagerie à distance, mais ne détaillent pas suffisamment son architecture technique, les délais moyens d’interprétation ni la répartition des actes entre établissements.

À retenir : le patient et l’équipement d’imagerie restent dans l’hôpital d’origine ; c’est principalement l’image médicale et son interprétation qui circulent à distance.

 

Site : Ministère de santé