Gotion prévoit d’investir 1,1 milliard d’euros pour prendre 49 % de l’usine PowerCo de Valence. En parallèle, la filiale batteries de Volkswagen entrera dans deux projets de Gotion en Slovaquie et au Maroc, dessinant une chaîne LFP reliant plusieurs maillons industriels autour du marché européen.

L’accord entre Volkswagen, PowerCo et Gotion redistribue les rôles sur trois sites. À Valence, le groupe chinois doit investir environ 1,1 milliard d’euros pour acquérir 49 % de la structure exploitant l’usine de batteries. PowerCo conservera 51 % et donc la majorité.

Le site espagnol est appelé à devenir un pôle européen de cellules utilisant notamment la technologie lithium-fer-phosphate, ou LFP.

Kénitra, un maillon en amont

Le schéma est inversé à Šurany, en Slovaquie, et à Kénitra, au Maroc. Gotion doit détenir 51 % de chacune des deux coentreprises, contre 49 % pour PowerCo.

La filiale de Volkswagen prévoit d’investir au total environ 470 millions d’euros d’ici 2030 dans ces deux projets.

Mais les fonctions industrielles diffèrent. Šurany est destiné à la production de cellules LFP, tandis que Kénitra doit fabriquer des matériaux actifs de cathode LFP. Le Maroc se positionne donc en amont de la production de cellules, sur un composant essentiel de la batterie.

Cette précision est déterminante : l’accord ne transforme pas Kénitra en gigafactory de cellules. Il l’intègre néanmoins à une chaîne régionale que Volkswagen et Gotion présentent comme destinée à renforcer l’approvisionnement du marché européen.

Une interdépendance plutôt qu’un découplage

Pour l’Europe, cette organisation illustre une équation complexe. Le développement de capacités régionales repose ici sur des implantations européennes et marocaines, mais aussi sur le capital et le savoir-faire d’un industriel chinois.

Volkswagen prévoit parallèlement de céder 5,3 % du capital de Gotion, tout en restant un investisseur stratégique.

Pour le Maroc, l’enjeu dépasse donc la seule implantation annoncée à Kénitra : il s’agit de savoir si ce maillon des matériaux LFP pourra attirer d’autres étapes de la chaîne de valeur. À ce stade, l’accord ne permet pas de l’affirmer. Il établit en revanche clairement l’intégration de Kénitra au dispositif industriel reliant Gotion, PowerCo et le marché européen.

Chiffres clés

  • 1,1 milliard d’euros : investissement prévu de Gotion pour 49 % de Valence.
  • 51 % : participation que PowerCo conservera dans la coentreprise espagnole.
  • 470 millions d’euros : contribution totale prévue de PowerCo à Šurany et Kénitra d’ici 2030.
  • 49 % : participation prévue de PowerCo dans chacune des coentreprises slovaque et marocaine.
  • 51 % : participation de Gotion à Šurany et Kénitra.
  • 5,3 % : part du capital de Gotion que Volkswagen prévoit de céder.