La Tunisie affiche en 2026 un meilleur score de parité femmes-hommes qu’en 2006. Pourtant, elle se retrouve 35 places plus bas dans le classement mondial. Une contradiction apparente qui révèle surtout de profondes différences entre éducation, économie et pouvoir politique.
La Tunisie obtient en 2026 un score de 65 % au Global Gender Gap Index du World Economic Forum et se classe 125e sur 145 économies.
Vingt ans plus tôt, elle affichait 62,9 % et occupait la 90e place. Son score a donc progressé de 2,1 points de pourcentage, tandis que son rang a reculé de 35 places.
Comment expliquer ce mouvement inverse ?
Un score n’est pas un classement
Le score mesure la part des écarts entre femmes et hommes qui est comblée dans quatre domaines. Le rang, lui, dépend de la position de la Tunisie par rapport aux autres économies.
Une amélioration du score national n’entraîne donc pas automatiquement une remontée dans le classement.
La comparaison appelle toutefois une précaution : la Tunisie était classée parmi 115 économies en 2006, contre 145 en 2026. Les 35 places perdues sont arithmétiquement exactes, mais les deux classements n’ont pas exactement le même périmètre.
L’éducation très loin devant l’économie
Le profil tunisien révèle surtout un fort déséquilibre.
La parité atteint 97,4 % dans l’éducation et 96,2 % dans la santé. Elle tombe à 51,9 % dans la participation et les opportunités économiques, puis à seulement 14 % dans l’émancipation politique.
Ces pourcentages ne sont pas des notes attribuées aux systèmes éducatif ou sanitaire. Ils mesurent uniquement les écarts entre femmes et hommes.
Le véritable signal se trouve donc dans l’écart entre les dimensions : la Tunisie s’approche de la parité dans l’éducation, mais reste beaucoup plus éloignée de l’équilibre dans l’accès aux opportunités économiques et au pouvoir politique.
Le parcours n’est pas non plus linéaire. En 2024, le pays avait atteint 66,8 %, son meilleur score récent, au 115e rang.
Le paradoxe tunisien tient ainsi moins à une régression absolue qu’à une progression lente et très inégale selon les domaines.
Site : IACE


