Les chiffres officiels parlent d’eux-mêmes : à fin août 2026, le déficit commercial tunisien atteint 17,854 milliards de dinars, en hausse de 22 % par rapport à l’an dernier. Plus inquiétant encore, la moitié de ce déficit provient du seul secteur énergétique.
Un déficit énergétique qui écrase l’économie
Le déficit énergétique s’élève à 8,930 milliards de dinars, contre 7,148 milliards un an plus tôt (+25 %). Autrement dit, l’énergie seule pèse autant que l’ensemble du déficit commercial hors énergie (8,924 milliards).
Cette spirale est implacable et ses conte sont :
- un déficit énergétique → déficit commercial accru,
- une pression sur les réserves en devises,
- une tension sur le budget de l’État et la STEG,
- des besoins de financement croissants,
- absorption de la liquidité locale,
- raréfaction du crédit pour les entreprises,
- ralentissement de la croissance,
- baisse des ressources,
- et retour à des besoins de financement encore plus lourds.
De la facture énergétique à la dépendance nationale
Ce mécanisme n’est plus une simple « facture énergétique ». C’est une machine infernale qui transfère directement la dépendance énergétique vers le déficit commercial, puis vers les finances publiques, l’investissement et la croissance.
Chaque année, la Tunisie dépense des milliards pour importer de l’énergie, puis cherche des milliards supplémentaires pour financer les conséquences de cette dépendance.
Changer la logique : investir plutôt que subir
La solution est claire : renverser la logique
- Investir massivement dans le solaire, l’éolien et le stockage,
- Moderniser le réseau de la STEG,
- Encourager le citoyen producteur d’énergie sur les toits.
Chaque mégawatt produit localement signifie moins de gaz importé, moins de devises perdues, moins de déficit commercial, et moins de pression sur le budget national.
Le déficit énergétique de 8,93 milliards de dinars en huit mois n’est pas une statistique : c’est un signal d’alarme économique.
Il est temps de cesser de financer la dépendance énergétique et de commencer à financer la souveraineté énergétique de la Tunisie.
Par Dr. Abdelbasset Sammari


