L’Espagne porte à plus de 17 milliards d’euros son projet d’investissement dans le réseau de transport électrique à horizon 2030. Un changement d’échelle qui traduit une nouvelle contrainte de la transition énergétique : produire davantage ne suffit plus si le réseau ne peut pas absorber et distribuer l’électricité.
Madrid revoit fortement à la hausse sa planification électrique. La proposition initialement soumise à consultation prévoyait 13,6 milliards d’euros d’investissements. Après l’analyse de 2 566 contributions, le gouvernement annonce désormais un montant supérieur à 17 milliards, soit environ 30 % de plus. Le programme reste toutefois en cours de traitement : il s’agit d’investissements prévus, et non déjà réalisés.
La composition des demandes montre pourquoi les besoins augmentent. Pour la première fois, la consommation occupe la première place : 41 % des propositions concernent la demande d’électricité, contre 40 % pour la production et 19 % pour le stockage. Industrie, logements, électrification des transports et nouveaux usages exercent ainsi une pression croissante sur les capacités de raccordement.
Pourquoi l’Espagne investit-elle plus de 17 milliards d’euros dans son réseau électrique ? Parce que l’essor de la consommation, des renouvelables et du stockage accroît les besoins de raccordement et de transport. Le projet à horizon 2030 prévoit davantage de sous-stations, de lignes nouvelles et de renforcement du réseau afin d’accompagner cette électrification.
Le projet révisé prévoit 193 sous-stations, soit 17 % de plus que dans la proposition précédente, ainsi que 6 706 kilomètres de lignes électriques, en hausse de 11 %. À cela s’ajoutent 8 164 kilomètres de réseau existant à renforcer.
L’enjeu dépasse donc le seul développement des renouvelables. Analyse WMC : le réseau devient lui-même une infrastructure de compétitivité. Une nouvelle centrale, une batterie ou un projet industriel ne peuvent contribuer pleinement à l’économie si leur raccordement est insuffisant ou trop lent.
Madrid prépare parallèlement un marché de capacité ouvert à la production, au stockage et à la demande. Le mécanisme doit rémunérer la disponibilité d’acteurs capables de fournir de l’électricité ou de réduire leur consommation lorsque le système en a besoin. Au 16 septembre, sa réglementation était annoncée pour publication imminente.
L’Espagne illustre ainsi le nouveau défi de l’électrification : après avoir développé les capacités de production, il faut désormais construire le réseau capable de les connecter aux usages.
Chiffres clés
- Plus de 17 Md€ : investissement prévu à horizon 2030.
- 13,6 Md€ : proposition initiale.
- 2 566 contributions reçues.
- 41 % / 40 % / 19 % : demande / production / stockage.
- 193 sous-stations prévues.
- 6 706 km de lignes prévues et 8 164 km à renforcer.


