La cimenterie Oum El Kélil, à Tajerouine, annonce la reprise de sa production de clinker à pleine capacité après des opérations de maintenance et de renouvellement d’équipements. L’entreprise affirme avoir financé cette remise en marche sur ses propres ressources, sans prêts ni aides extérieures.

Le redémarrage annoncé ce 16 septembre dépasse la simple remise en service d’un équipement. Le clinker est le produit intermédiaire indispensable à la fabrication du ciment : retrouver sa production signifie donc restaurer un maillon central de l’activité industrielle de la cimenterie.

Mais l’élément le plus significatif de l’annonce se situe peut-être sur le terrain financier. Oum El Kélil affirme avoir mobilisé ses propres ressources pour réaliser les opérations nécessaires, sans recourir à des prêts ni à des aides extérieures.

Pour un cimentier public, cette revendication pose une question plus large : l’entreprise a-t-elle seulement réussi une opération de maintenance ou commence-t-elle à retrouver une capacité autonome de financement de son outil industriel ?

Un contraste dans le ciment public

La comparaison avec les Ciments de Bizerte donne davantage de relief à l’annonce. Au deuxième trimestre 2026, la production de clinker de cette cimenterie était encore suspendue. La situation illustre les trajectoires industrielles contrastées des entreprises publiques du secteur.

Il faut toutefois éviter de tirer de cette comparaison une conclusion financière prématurée. Les situations des deux cimenteries ne sont pas nécessairement comparables et le redémarrage d’une ligne ne suffit pas à établir un redressement économique durable.

Les chiffres devront confirmer le signal

Deux affirmations centrales restent en effet à vérifier indépendamment : la production « à pleine capacité » et le financement exclusivement sur ressources propres.

L’annonce disponible ne fournit ni volume de clinker effectivement produit depuis le redémarrage, ni coût des travaux, ni données financières permettant de mesurer l’effort d’investissement et son financement.

La reprise constitue donc un signal industriel important. Pour déterminer si Oum El Kélil a réellement changé de modèle économique, il faudra désormais observer la continuité de la production, les volumes réalisés et les prochains indicateurs financiers de l’entreprise.

Oum El Kélil produit-elle de nouveau du clinker à pleine capacité ?  La cimenterie l’affirme depuis le 16 septembre 2026 après des opérations de maintenance et de renouvellement d’équipements. Toutefois, aucune donnée indépendante de production accompagnant l’annonce ne permet, dans le corpus disponible, de confirmer le niveau exact atteint.