Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger et les recettes touristiques dépassent ensemble 12,22 milliards de dinars au 10 septembre 2026. Une progression appréciable, mais qui intervient alors que le déficit commercial atteignait déjà 17,854 milliards de dinars à fin août.
Deux chiffres illustrent la tension qui traverse les comptes extérieurs tunisiens : 12,22 milliards de dinars d’un côté, 17,854 milliards de l’autre.
Le premier correspond au cumul des transferts des TRE et des recettes touristiques au 10 septembre. Ces deux sources de devises progressent ensemble de 5,16 % sur un an. Les revenus du travail atteignent environ 6,41 milliards de dinars, tandis que les recettes touristiques avoisinent 5,82 milliards.
Le second chiffre mesure une réalité différente : le déficit du commerce extérieur de biens sur les huit premiers mois de 2026. Leur rapprochement ne constitue donc pas une compensation comptable. Il permet néanmoins d’éclairer la pression exercée sur les équilibres extérieurs.
Les importations accélèrent
Selon l’INS, les exportations tunisiennes ont atteint 44,672 milliards de dinars à fin août, en progression de 8 % sur un an.
Mais les importations ont augmenté beaucoup plus rapidement : +11,6 %, à 62,525 milliards de dinars.
Résultat : le déficit commercial est passé de 14,639 milliards de dinars durant les huit premiers mois de 2025 à 17,854 milliards en 2026. Le taux de couverture recule de 73,9 % à 71,4 %.
Les recettes du tourisme et des TRE compensent-elles le déficit commercial ? Non directement. Les transferts TRE et les recettes touristiques sont des entrées extérieures différentes du commerce de biens. Leur progression soutient les ressources en devises, tandis que le déficit commercial mesure l’écart entre les exportations et les importations de marchandises.
L’énergie au cœur du déséquilibre
L’énergie constitue l’un des principaux facteurs de cette détérioration. Le déficit énergétique atteint 8,930 milliards de dinars, contre 7,148 milliards un an auparavant, tandis que les importations énergétiques progressent de 28,5 %.
Hors énergie, le déficit commercial s’établit à 8,924 milliards de dinars.
La lecture est donc moins celle d’une insuffisance du tourisme ou de la diaspora que celle d’un déséquilibre structurel : les deux moteurs de devises progressent, mais les besoins liés aux importations avancent nettement plus vite.
Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse ainsi la performance des recettes touristiques ou des transferts TRE. Il réside aussi dans la capacité à réduire les sources structurelles du déficit extérieur, au premier rang desquelles figure l’énergie.
Chiffres clés
-12,22 Md DT — tourisme + transferts TRE
-+5,16 % — progression sur un an
-17,854 Md DT — déficit commercial
-+11,6 % — hausse des importations
-+8 % — hausse des exportations
-8,930 Md DT — déficit énergétique
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