La fermeture d’une vanne stratégique par des membres du Petroleum Facilities Guard a interrompu les opérations sur deux champs et une station. La NOC menace de déclarer la force majeure si le blocage se prolonge.
Une revendication administrative menace désormais directement la production pétrolière libyenne. Des membres du Petroleum Facilities Guard (PFG), chargé de sécuriser les installations du pays, ont fermé une vanne de l’oléoduc Hamada–Zawiya, provoquant l’arrêt des opérations au champ de Hamada, identifié NC8, à celui d’Al-Tahara, NC4, ainsi qu’à la station NC5.
La National Oil Corporation (NOC) avertit qu’elle pourrait déclarer la force majeure si la vanne reste fermée ou si d’autres installations sont à leur tour contraintes de s’arrêter.
Un conflit administratif qui gagne la production
Le PFG réclame son rattachement financier et administratif à la NOC, alors qu’il dépend actuellement du ministère de la Défense. Selon Reuters, les gardes demandent aux autorités de fixer un calendrier clair pour cette réorganisation.
Le mouvement pourrait s’étendre. Le PFG a annoncé des réductions partielles de production pendant une semaine sur plusieurs sites, notamment Wafa et El Feel, et menace d’aller jusqu’à des arrêts complets si ses revendications restent sans réponse.
Cette crise intervient à un moment particulièrement sensible pour l’économie libyenne. Reuters estime que le pétrole représente environ 90 % de l’économie du pays. Toute interruption prolongée pèse donc directement sur la capacité de la Libye à transformer ses exportations en recettes.
Le paradoxe du pétrole cher
Le risque est d’autant plus important que les cours internationaux du brut sont actuellement élevés. Une réduction de la production pourrait ainsi empêcher la Libye de profiter pleinement d’un environnement de prix favorable.
Pour l’heure, aucun volume global de production perdue n’a été communiqué dans les sources consultées. La force majeure n’est pas non plus déclarée : elle reste une menace conditionnelle.
L’enjeu des prochains jours sera donc double : la réouverture de l’oléoduc Hamada–Zawiya et l’éventuelle extension des perturbations à d’autres sites. Pour Tripoli, un conflit sur le statut des gardes pétroliers est en train de devenir un risque direct pour les recettes du pays.


