Bill Gates estime que l’élimination mondiale de la rougeole n’est plus un objectif réaliste à court terme, notamment en raison de la défiance vaccinale dans les pays riches. Une évolution préoccupante face à une maladie extrêmement contagieuse, alors que la couverture vaccinale reste déterminante pour empêcher les flambées.

L’élimination mondiale de la rougeole s’éloigne. Bill Gates estime que la montée de la défiance envers les vaccins, notamment dans les pays riches, rend désormais cet objectif difficilement atteignable à court terme.

Cette appréciation intervient alors que la vaccination a radicalement réduit la mortalité liée à la maladie. Avant l’introduction du vaccin et sa généralisation, la rougeole provoquait environ deux millions de décès d’enfants par an, selon les données rapportées par Reuters. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) situe pour sa part le bilan historique à environ 2,6 millions de décès annuels.

Aujourd’hui, la maladie tue encore près de 100 000 personnes par an. L’OMS estime à 95 000 le nombre de décès liés à la rougeole en 2024, principalement chez les enfants de moins de cinq ans.

Le seuil décisif des 95 %

Le principal défi tient à l’extrême contagiosité du virus. Pour empêcher sa transmission et prévenir les flambées, l’OMS considère qu’une couverture d’au moins 95 % avec deux doses de vaccin est nécessaire.

Une baisse de la vaccination peut donc rapidement créer des poches de population vulnérables et permettre au virus de recommencer à circuler.

La difficulté ne concerne plus seulement les pays confrontés à des problèmes d’accès aux vaccins, de financement ou de logistique. La résurgence de la rougeole dans certains pays riches montre que la disponibilité du vaccin ne garantit pas, à elle seule, une couverture suffisante.

C’est ce changement que souligne Bill Gates. Son constat ne constitue toutefois pas une déclaration de l’OMS selon laquelle l’élimination serait abandonnée. Il met plutôt en évidence une nouvelle fragilité des politiques de vaccination.

L’enjeu dépasse ainsi la seule protection individuelle. Pour une maladie aussi contagieuse, l’efficacité collective dépend du maintien durable d’une couverture très élevée. Le recul vaccinal dans les économies développées risque donc de fragiliser les progrès accumulés et de compliquer davantage les efforts internationaux d’élimination.

Pourquoi une couverture vaccinale de 95 % est-elle nécessaire contre la rougeole ?

La rougeole est extrêmement contagieuse. Selon l’OMS, une couverture d’au moins 95 % avec deux doses est nécessaire pour interrompre la transmission et prévenir les flambées. Une baisse de vaccination peut laisser suffisamment de personnes vulnérables pour permettre au virus de circuler à nouveau.

Chiffres clés

2 millions de décès d’enfants par an environ avant le vaccin, selon Reuters.
95 000 décès estimés en 2024 par l’OMS.
95 % : couverture minimale avec deux doses nécessaire pour prévenir les flambées.