Pour la Tunisie, la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales constitue une opportunité de renforcer son intégration dans l’économie internationale et de diversifier ses marchés, grâce notamment à sa position géographique, à son tissu industriel diversifié et à son accès préférentiel au marché européen, a indiqué un expert de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Dans un entretien accordé à la TAP en marge du Forum public de l’OMC, qui se tient à Genève du 15 au 17 septembre, l’expert a rappelé que près de 70% des exportations tunisiennes sont destinées à l’Europe. Il a toutefois appelé à renforcer la diversification géographique, notamment vers l’Afrique, en tirant davantage parti du potentiel de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Selon lui, la faible intégration de nombreuses économies africaines dans les chaînes de valeur internationales constitue une opportunité pour la Tunisie, qui pourrait également jouer un rôle d’interface entre l’Europe et les marchés africains.

Pour tirer pleinement profit de cette reconfiguration, la Tunisie est, toutefois, appelée à améliorer l’environnement dans lequel opèrent les entreprises, notamment en facilitant l’importation des intrants nécessaires à la production et en réduisant la bureaucratie. L’expert a également souligné que des droits de douane élevés peuvent freiner la compétitivité et l’intégration des entreprises au sein des chaînes de valeur.

Il a relevé que la Tunisie dispose déjà d’un niveau d’intégration appréciable, notamment grâce à son tissu industriel diversifié, couvrant le textile, les machines, l’agroalimentaire et la chimie. Le recours aux intrants importés par près de la moitié des entreprises constitue, à ses yeux, un indicateur positif de cette intégration.

L’expert a par ailleurs estimé que la Tunisie dispose encore d’un potentiel d’exportation largement inexploité, malgré les contraintes liées notamment à la faiblesse de l’investissement, au chômage, aux disparités régionales et au poids de l’économie informelle.

Il a également évoqué le rôle important de l’État dans plusieurs secteurs de l’économie, estimant qu’une présence publique excessive peut peser sur la productivité. Dans ce contexte, il a appelé à poursuivre la réflexion sur les droits de douane, dont le niveau demeure en partie lié à des considérations de recettes fiscales.

Tout en soulignant ces défis, l’expert a insisté sur les atouts de la Tunisie, notamment son tissu industriel diversifié, son accès préférentiel au marché européen, ainsi que ses coûts de main-d’œuvre et certains avantages fiscaux, qui peuvent contribuer à renforcer son attractivité et son repositionnement dans les chaînes de valeur mondiales.