Le Brent a reflué après avoir frôlé 110 dollars, mais un autre poste de la facture pétrolière s’envole : le fret maritime. Pour un pays importateur comme la Tunisie, le véritable indicateur de risque devient de plus en plus le coût du baril rendu à destination.

La baisse du Brent ne signifie pas nécessairement une détente équivalente pour les pays importateurs.

Après avoir atteint près de 110 dollars le baril, le brut a reculé. Mais, sur le marché physique, le prix du transport raconte une autre histoire. Selon Reuters, le tarif des VLCC — les grands pétroliers utilisés pour transporter le brut — entre le Golfe d’Oman et la Chine atteint environ 11,50 dollars par baril transporté.

Ce chiffre ne constitue pas le coût du fret vers la Tunisie : les routes, distances, navires et contrats diffèrent. Il fournit toutefois un indicateur clair du niveau de tension qui touche aujourd’hui la logistique pétrolière internationale.

Le prix du baril ne suffit plus

Pour un importateur, la facture énergétique ne dépend pas uniquement du cours du Brent. Elle comprend également le transport, l’assurance, les primes de risque ainsi que les conditions d’achat des cargaisons.

Une forte hausse du fret peut donc absorber une partie de la détente observée sur le prix du brut avant même que l’énergie n’arrive à destination.

Pour la Tunisie, cette évolution intervient dans un contexte déjà tendu. À fin avril 2026, les importations énergétiques atteignaient 5,331 milliards de dinars, en hausse de 23% sur un an. Le déficit commercial énergétique s’établissait à 4,222 milliards de dinars, soit une progression de 19%.

Le risque doit désormais être suivi sur plusieurs écrans : cours du pétrole, prix physiques des cargaisons, fret maritime et primes de risque.

La question n’est donc plus seulement de savoir combien vaut le Brent. Pour la Tunisie, il faut surtout regarder combien coûte réellement l’énergie lorsqu’elle arrive à destination.

CHIFFRES CLÉS

  • ≈ 110 $ : niveau récemment approché par le Brent.
  • ≈ 11,50 $/baril : fret VLCC Golfe d’Oman–Chine.
  • 5,331 milliards TND : importations énergétiques tunisiennes à fin avril 2026.
  • 4,222 milliards TND : déficit commercial énergétique.
  • +19% : hausse annuelle de ce déficit.