
FICHE D’IDENTITÉ
- Nom :Park Chung-hee
- Né : 14 novembre 1917
- Mort : 26 octobre 1979
- Fonction : Président de la République de Corée de 1963 à 1979
- Accession au pouvoir : coup d’État militaire du 16 mai 1961, puis élection à la présidence en 1963
- Profil : ancien enseignant, officier de carrière, chef militaire devenu président civil
- Marque économique : État développeur, exportations, infrastructures, industrie lourde et soutien aux grands groupes privés
Du militaire au bâtisseur économique
Né dans une famille rurale modeste, Park Chung-hee se forme d’abord comme enseignant avant d’embrasser la carrière militaire. Il reçoit une partie de sa formation en Mandchourie sous domination japonaise, puis poursuit sa carrière dans l’armée sud-coréenne après la libération.
Le 16 mai 1961, il participe au coup d’État militaire qui renverse la Deuxième République. Deux ans plus tard, il quitte officiellement l’armée et remporte l’élection présidentielle de 1963.
Son projet repose sur une conviction : la survie et l’indépendance de la Corée du Sud passent par une industrialisation rapide pilotée par l’État.
Un État au centre de la transformation
Sous Park, l’administration économique devient le véritable poste de commandement du développement. L’Economic Planning Board, créé en 1961, coordonne planification, budget, financement extérieur et grands programmes d’investissement.
Le premier plan quinquennal est lancé en 1962. L’État oriente le crédit, favorise certains secteurs, soutient les entreprises capables d’exporter et fixe des objectifs de performance.
Cette stratégie accompagne la montée des chaebols, grands conglomérats familiaux comme Samsung, Hyundai ou LG. Leur essor repose sur une relation étroite avec le pouvoir : accès au financement et soutien public en échange d’investissements, de capacités industrielles et de résultats à l’exportation.
- Corée du Sud : comment le «Miracle du fleuve Han» a transformé un pays ruiné en puissance industrielle
- FICHE PAYS : République de Corée — Corée du Sud
De l’exportation à l’industrie lourde
Dans les années 1960, la priorité est donnée aux industries légères et aux exportations. Dans les années 1970, Park pousse la Corée vers l’acier, la pétrochimie, la construction navale, les machines et l’automobile.
La création de POSCO en 1968 symbolise ce virage. Le développement de la sidérurgie doit permettre au pays de disposer de la base industrielle nécessaire à la construction navale, à l’automobile et aux grands équipements.
Park lance également en 1970 le Saemaul Undong, programme de modernisation des campagnes destiné à améliorer les infrastructures rurales et à réduire l’écart avec les villes en pleine industrialisation.
Un héritage indissociable de l’autoritarisme
Le bilan économique de Park reste cependant inséparable de son régime politique. En 1972, la Constitution Yushin renforce considérablement ses pouvoirs et réduit fortement l’espace démocratique. Opposition politique, étudiants, syndicats et médias font l’objet d’un contrôle et d’une répression accrus.
Le 26 octobre 1979, Park est assassiné par Kim Jae-gyu, directeur de la KCIA, les services de renseignement sud-coréens.
SON HÉRITAGE
Park Chung-hee n’a pas construit seul le « Miracle du fleuve Han », mais il a façonné une grande partie de l’appareil institutionnel qui l’a rendu possible : planification, crédit dirigé, exportations, infrastructures et industrialisation lourde.
Son héritage demeure double. Pour ses partisans, il est l’homme qui a donné à la Corée les bases de sa puissance industrielle. Pour ses détracteurs, cette modernisation s’est faite au prix d’un autoritarisme durable et d’une concentration excessive du pouvoir économique autour des chaebols.
C’est précisément cette contradiction qui fait de Park Chung-hee l’une des figures les plus déterminantes — et les plus controversées — de l’histoire économique contemporaine de la Corée du Sud.


