L’inflation tunisienne remonte à 5,4 % en août, mais ce chiffre masque une réalité plus dure : l’alimentation progresse de 7,5 % sur un an et plusieurs produits dépassent largement les 10 %. Pour les ménages, la pression se concentre donc sur les dépenses les moins compressibles. Et septembre pourrait ajouter un risque importé à une tension déjà bien installée.

Le vrai sujet n’est peut-être plus l’inflation à 5,4 %. Il est dans ce que ce chiffre moyen ne montre pas.

En août, les prix de l’alimentation et des boissons ont augmenté de 7,5 % sur un an. La hausse atteint 16,5 % pour la volaille, 14,7 % pour la viande ovine, 14,4 % pour les fruits, 13,6 % pour la viande bovine et 10,9 % pour le poisson frais.

Autrement dit, l’inflation ressentie par un ménage qui consacre une part importante de son budget à l’alimentation peut être sensiblement supérieure au taux national.

Le pouvoir d’achat frappé là où il peut le moins s’ajuster

C’est toute la difficulté de la séquence actuelle. Les hausses se concentrent sur des produits achetés fréquemment, avec peu de marge pour reporter ou supprimer la dépense.

Sur le seul mois d’août, l’alimentation et les boissons progressent de 2,4 %, contre seulement 0,5 % pour l’indice général.

L’écart entre prix libres et prix encadrés accentue encore cette fracture : les produits alimentaires libres augmentent de 8,5 % sur un an, contre 0,2 % pour les produits à prix administrés.

En parallèle, l’inflation sous-jacente reste à 4,9 %. Le signal est important : la poussée n’est pas encore généralisée à toute l’économie, mais elle frappe précisément le poste le plus sensible socialement.

Septembre peut changer la donne

Le prochain risque vient de l’extérieur. Les marchés pétroliers se sont tendus début septembre et les prix alimentaires mondiaux ont également repris de la hauteur.

Ces mouvements ne sont pas la cause de l’inflation tunisienne d’août. Mais s’ils durent, ils peuvent renchérir les importations, les coûts de transport et certains intrants, avec un effet retardé sur les prix intérieurs.

Pour la Tunisie, le danger est donc moins une explosion immédiate de l’inflation qu’un enracinement de la hausse sur les produits essentiels.

Le chiffre de 5,4 % peut encore sembler maîtrisable. Le panier alimentaire, lui, raconte déjà une histoire beaucoup moins confortable.

Chiffres clés

  • 5,4 % : inflation générale en août
  • 7,5 % : alimentation et boissons
  • 16,5 % : volaille
  • 14,7 % : viande ovine
  • 14,4 % : fruits
  • 13,6 % : viande bovine
  • 10,9 % : poisson frais
  • 8,5 % : produits alimentaires libres
  • 4,9 % : inflation sous-jacente