AfriqueUne délégation britannique du Global Entrepreneur Programme (GEP) rencontre les startups tunisiennes le 17 septembre 2026 à Tunis. Cet atelier vise à connecter les scale-ups locales aux investisseurs du Royaume-Uni et à faciliter leur expansion internationale, tout en évaluant le maintien de leur valeur technologique en Tunisie.

Après Londres, Tunis. Trois mois après la London Tech Week, les échanges entre les écosystèmes technologiques tunisien et britannique doivent entrer dans une phase plus concrète.

Une délégation britannique est annoncée à Tunis le 17 septembre pour rencontrer directement des startups et des acteurs de l’écosystème entrepreneurial tunisien, dans le cadre d’un atelier lié au Global Entrepreneur Programme, le GEP.

La rencontre, prévue à la résidence de l’ambassadeur du Royaume-Uni, réunira notamment Hannah Williams, Director of Trade and Investment – Africa au Department for Business and Trade britannique, Anthony William Catt, fondateur de Ventures54, ainsi qu’Eamon Tuhami, GEP Dealmaker actif notamment sur les marchés africains.

Londres ne vient pas seulement chercher des dossiers d’investissement

Le rendez-vous pourrait facilement être présenté comme une opération classique de mise en relation entre startups et investisseurs. Ce serait pourtant passer à côté de l’essentiel.

Le GEP est un dispositif du gouvernement britannique dont la vocation est d’attirer au Royaume-Uni des entreprises internationales à fort potentiel de croissance. Le programme accompagne notamment les scale-ups qui envisagent d’y installer un siège, une filiale ou des activités de recherche et développement.

Pour les startups tunisiennes, la proposition est donc double : accéder plus directement à des investisseurs et réseaux britanniques, mais aussi considérer Londres comme base d’expansion internationale.

Le Royaume-Uni poursuit, lui, une logique d’attractivité économique. Selon les données officielles du programme, le GEP a attiré plus de 1.400 entrepreneurs internationaux depuis sa création. Les entreprises accompagnées auraient levé plus de 2,5 milliards de livres en capital et contribué à créer plus de 10.000 emplois à forte valeur ajoutée.

Transformer la London Tech Week en contrats

La mission de septembre s’inscrit dans la continuité de la participation tunisienne à la London Tech Week en juin dernier. La Tunisie y était présente pour la deuxième année consécutive, avec une délégation de plus de 40 startups, PME et chefs d’entreprise.

Des rencontres avec des acteurs britanniques du financement et de l’accompagnement avaient déjà eu lieu à Londres. Le déplacement à Tunis doit désormais permettre de filtrer les projets, identifier les entreprises capables de se développer au Royaume-Uni et, potentiellement, faire émerger des opérations concrètes.

L’accès au capital international reste justement l’un des points sensibles de l’écosystème tunisien. Le rapport 2025 de Partech recensait 31 investisseurs en equity actifs en Tunisie, soit une progression de 24% sur un an. Une amélioration, mais encore insuffisante pour faire du marché tunisien une destination majeure du venture capital africain.

Le vrai enjeu : où restera la valeur ?

Pour les startups tunisiennes, une implantation au Royaume-Uni peut accélérer l’accès aux financements, aux clients et aux marchés internationaux. Mais elle pose aussi une question stratégique : où seront localisés demain les emplois qualifiés, la propriété intellectuelle et les centres de décision ?

C’est sur ce terrain que la visite britannique devra être jugée.

Si elle débouche sur des levées de fonds, des contrats et une internationalisation qui maintient en Tunisie une part significative de la technologie et des compétences, le bénéfice sera réel. Si elle se limite à déplacer les entreprises les plus prometteuses vers Londres, l’équation sera beaucoup moins favorable.

Le 17 septembre ne sera donc pas seulement une journée de networking. Ce sera aussi un test de la capacité de l’écosystème tunisien à s’ouvrir davantage au capital international sans perdre ce qu’il cherche précisément à valoriser.