Eau Boureille
Eau Boureille

Pénuries dans les rayons, demande en forte hausse, production perturbée et prix désormais plafonnés : le marché tunisien de l’eau minérale traverse un été sous tension. Depuis le 19 août 2026, les autorités ont fixé des prix maximaux pour tenter de protéger les consommateurs et de limiter les abus.

La pénurie d’eau minérale observée cet été en Tunisie ne s’explique pas par une seule cause. Elle résulte d’un mélange de forte consommation, de difficultés de production et de problèmes dans les circuits de distribution.

Premier élément : les Tunisiens consomment beaucoup d’eau en bouteille. Les données les plus récentes disponibles situent la consommation autour de 241 litres par habitant en 2024, contre environ 225 litres en 2020. Cette progression montre à quel point l’eau embouteillée est devenue un produit de consommation courante pour de nombreux ménages.

Cette dépendance pèse aussi sur le budget familial. Une estimation citée en 2025 évaluait la dépense mensuelle d’une famille de cinq personnes à 130 à 140 dinars, notamment pendant les périodes de forte chaleur.

Des usines poussées à leur maximum

La Tunisie compte 31 unités de conditionnement d’eau minérale, avec une capacité annoncée d’environ 520 000 bouteilles par heure.

Mais en été, la demande peut grimper brutalement. Les besoins du marché peuvent approcher 10 millions de litres par jour pendant les périodes de pointe.

À cette hausse saisonnière se sont ajoutées des perturbations électriques dans certaines régions. Selon les professionnels du secteur, des coupures et microcoupures ont ralenti ou interrompu temporairement certaines lignes de production.

Les producteurs affirment que les usines fonctionnent actuellement à leur capacité maximale. Cette information reste toutefois une déclaration professionnelle et non une mesure indépendante du niveau réel d’utilisation des installations.

Plus de 147 000 litres saisis

La distribution est également sous surveillance.

Depuis la seconde moitié de juillet, les opérations de contrôle ont permis la saisie de plus de 147 000 litres d’eau conditionnée, notamment pour des infractions liées aux prix, aux transactions commerciales et au stockage.

Ces saisies montrent que des irrégularités existent, mais elles ne suffisent pas à expliquer seules la pénurie. Le marché subit en même temps une demande très élevée et une pression sur la production.

Des prix désormais plafonnés

Depuis le 19 août 2026, le ministère du Commerce a fixé des prix maximaux de vente au public :

Les chiffres clés

  • 0,5 litre : 600 millimes
  • 1 litre : 800 millimes
  • 1,5 litre : 850 millimes
  • 2 litres : 950 millimes
  • 31 usines de conditionnement
  • ≈ 520 000 bouteilles/heure de capacité annoncée
  • ≈ 10 millions de litres/jour de besoins en période de pointe
  • 241 litres/habitant/an de consommation en 2024
  • Plus de 147 000 litres saisis depuis la seconde moitié de juillet

 

Les marges commerciales ont également été encadrées. L’objectif est double : limiter les hausses de prix et mieux contrôler les circuits de distribution.

La situation pourrait s’améliorer avec la baisse progressive des températures. Mais cette crise révèle un problème plus large : la consommation d’eau embouteillée a atteint un niveau tel que le moindre incident de production ou de distribution peut rapidement se traduire par des rayons vides.