Un arrêté de la ministre des Finances du 28 juillet 2026 fixe les taux d’intérêt effectifs moyens par catégorie de crédit ainsi que les seuils au-delà desquels les taux deviennent légalement excessifs. Une publication très suivie par les banques, mais aussi par les emprunteurs, car elle sert de base au plafonnement du coût du crédit.
La Tunisie dispose désormais de sa grille officielle de référence pour le coût du crédit au titre du premier semestre 2026. Dans un arrêté daté du 28 juillet 2026, la ministre des Finances a publié les taux d’intérêt effectifs moyens appliqués aux principales catégories de concours bancaires, ainsi que les seuils correspondants de taux excessifs.
En apparence technique, cette publication a pourtant un effet très concret : elle permet de déterminer, catégorie par catégorie, le niveau maximal au-delà duquel un crédit peut être considéré comme usuraire au regard de la réglementation tunisienne.
Un cadre légal ancien, mais central pour le marché du crédit
Le texte s’inscrit dans le prolongement de la loi n° 64 de 1999 relative aux taux d’intérêt excessifs, du décret n° 462 de 2000 sur le calcul et la publication du taux effectif global, ainsi que des circulaires de la Banque centrale de Tunisie.
En pratique, ces références encadrent la relation entre prêteurs et emprunteurs. Elles imposent un cadre de transparence sur le prix du crédit et donnent aux autorités un instrument de contrôle du marché bancaire.
Le leasing et les découverts restent parmi les financements les plus chers
D’après le tableau publié, le taux effectif moyen le plus élevé concerne le leasing des biens mobiliers ou immobiliers, à 13,37 %, avec un seuil de taux excessif fixé à 16,04 %.
Viennent ensuite :
- les découverts garantis ou non garantis par effets, avec un taux moyen de 12,29 % ;
- la gestion des dettes, à 11,78 % ;
- les crédits à la consommation, à 11,23 %.
À l’inverse, les crédits les moins coûteux en moyenne restent :
- les crédits à court terme hors découverts, à 9,57 % ;
- les crédits à long terme, à 9,63 % ;
- les crédits à moyen terme, à 9,80 %.
Les crédits logement financés sur les ressources ordinaires des banques affichent, de leur côté, un taux effectif moyen de 10,25 %, avec un seuil maximal de 12,30 %.
Une mécanique de plafonnement claire
Le tableau montre un point important : les seuils de taux excessifs sont systématiquement supérieurs de 20 % aux taux effectifs moyens de chaque catégorie. Autrement dit, le plafond légal suit une règle de calcul homogène, appliquée à l’ensemble des concours bancaires couverts par l’arrêté.
Cette mécanique permet :
- aux banques de vérifier la conformité de leurs offres ;
- aux emprunteurs de comparer le coût réel d’un financement ;
- aux autorités de supervision de disposer d’un référentiel commun pour contrôler les pratiques du marché.
Un enjeu direct pour les ménages et les entreprises
Pour les ménages, cette publication est particulièrement utile sur des segments sensibles comme le crédit à la consommation ou le crédit logement. Pour les entreprises, elle constitue un repère sur le coût des financements à court, moyen et long terme, mais aussi sur le recours au découvert ou au leasing.
Dans un contexte où le financement demeure un sujet clé pour l’investissement et la trésorerie, la publication de ces seuils joue donc un double rôle : protéger l’emprunteur et encadrer commercialement l’activité de crédit.
Ce qu’il faut retenir
Le tableau du premier semestre 2026 confirme que le coût du crédit varie fortement selon la nature du financement. L’écart entre la catégorie la plus chère et la moins chère approche 3,8 points de pourcentage sur les taux moyens. Il confirme aussi que les produits les plus risqués ou les plus spécialisés, comme le leasing ou certains découverts, supportent des niveaux plus élevés.
Pour les acteurs du marché, cette publication ne constitue pas une simple formalité administrative. Elle fixe la ligne rouge réglementaire sur le prix du crédit, au moment où le financement reste un déterminant majeur de la consommation, de l’investissement et de la gestion de trésorerie.



