Location de voituresDes pages frauduleuses attirent les clients avec des tarifs très bas, encaissent des acomptes puis disparaissent. Le phénomène, qui vise notamment les Tunisiens résidant à l’étranger, révèle aussi le poids difficilement mesurable de la location informelle.

Une voiture disponible en pleine saison touristique pour 50 ou 60 dinars par jour, une réservation rapide sur WhatsApp et une livraison promise à l’aéroport : l’offre paraît avantageuse. Pour certains clients, elle se termine pourtant sans véhicule et sans remboursement.

Habib Maâouia, président de la Chambre nationale des sociétés de location de voitures, a alerté sur la multiplication de pages frauduleuses sur les réseaux sociaux. Après un premier échange, leurs administrateurs demanderaient le versement d’un acompte, voire du montant total de la location, avant de couper tout contact.

Selon le représentant professionnel, plusieurs victimes découvrent l’arnaque à leur arrivée dans les aéroports ou les ports tunisiens. Les Tunisiens résidant à l’étranger seraient particulièrement ciblés durant la haute saison, lorsque la demande augmente et que les véhicules disponibles se raréfient.

Vérifier avant de payer

La fraude repose sur des signes récurrents : prix anormalement faible, échanges limités à une messagerie privée, absence de contrat et paiement demandé sur un compte personnel.

Les professionnels recommandent de vérifier la raison sociale de l’entreprise, son identifiant fiscal et son inscription au Registre national des entreprises. Le client doit également demander une adresse physique, un contrat précisant le tarif, la durée de location, l’assurance et les conditions d’annulation.

Une page Facebook ou un numéro WhatsApp ne suffisent pas à prouver l’existence juridique d’une agence. Une société régulièrement établie doit respecter des procédures administratives et disposer, pour les véhicules exploités, des documents et assurances exigés.

Le poids incertain de l’informel

Habib Maâouia estime qu’environ 62 000 véhicules seraient exploités hors du cadre légal, contre 34 000 appartenant à des entreprises agréées. Ces chiffres, qui suggèrent que l’informel dépasserait largement le marché déclaré, n’ont toutefois pas pu être confirmés par des statistiques publiques accessibles.

Cette activité clandestine crée une concurrence déséquilibrée pour les sociétés qui supportent des coûts fiscaux, réglementaires et assurantiels. Elle expose aussi les clients à des risques supplémentaires en cas d’accident, de panne ou de litige, notamment lorsque le véhicule n’est pas couvert pour un usage commercial.

Au-delà des pertes financières immédiates, ces pratiques fragilisent la confiance dans un secteur étroitement lié au tourisme. Une meilleure traçabilité des agences et des véhicules, ainsi qu’un contrôle renforcé des annonces et des paiements, deviennent essentiels pour protéger les consommateurs et les opérateurs légaux.

EN BREF

  • Multiplication des fraudes en ligne : Faux acomptes et fausses agences ciblent massivement les Tunisiens résidant à l’étranger sur les réseaux sociaux.
  • Signaux d’alerte identifiés : Tarifs anormalement bas (50-60 TND/jour), paiements exigés sur des comptes personnels et absence de contrat formel.
  • Précautions indispensables : Obligation de vérifier l’inscription au Registre National des Entreprises (RNE) et d’exiger une facture avec identifiant fiscal.
  • Poids écrasant de l’informel : Selon la Chambre nationale, 62 000 véhicules clandestins circuleraient face à 34 000 véhicules légaux agréés.
  • Risques majeurs pour le consommateur : Absence de couverture d’assurance commerciale, véhicules non conformes et fragilisation de l’image touristique.