Lors de sa récente participation  à la réunion ministérielle du Forum du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) qui vient de se tenir à Genève du 6 au 11 juillet 2026, le ministre tunisien des Technologies de la communication, Sofiane Hemissi a prouvé qu’il est en déconnexion totale de la réalité de l’Intelligence artificielle en Tunisie.

A preuve, au même moment (Vendredi 10 juillet 2026) où, lors d’un entretien tenu en marge de cette réunion avec la secrétaire générale de l’Union internationale des télécommunications (UIT), Doreen Bogdan-Martin, ce même ministre, encensait,  « les prouesses » de la Tunisie en matière de gouvernance et d’utilisation de l’IA et faisait, sans aucune décence, l’éloge des stratégies mises au point à cette fin, « l’Indice mondial responsable 2026 de l’intelligence artificielle »publiait un classement catastrophique de la Tunisie en matière d’IA.

La Tunisie a été classée à la 110ème place sur un total de 135 pays listés.  Au niveau maghrébin, elle est devancée de loin par le Maroc (63ème) et la Libye (78ème) –bien la Libye-. Elle fait, toutefois,  mieux que l’Algérie (123ème).

Ce classement de « l’Indice mondial responsable 2026 de l’intelligence artificielle » évalue la manière dont les pays étudiés 135 pays encadrent, utilisent et gouvernent l’intelligence artificielle.

L’indice est concocté par le Centre mondial pour la gouvernance de l’intelligence artificielle, en partenariat avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI/IDRC) et le gouvernement britannique dans le cadre du programme AI for Development.

Au niveau mondial, la Norvège domine le classement, suivie de l’Italie, de l’Irlande, de la France et des Pays-Bas. À l’autre extrémité du classement, le Soudan du Sud occupe la dernière place.

Principales tendances de l’IA dans le monde

Pour établir cette deuxième édition de l’indice, les auteurs du rapport ont analysé 396 cadres réglementaires liés à l’intelligence artificielle responsable, 805 initiatives gouvernementales et plus de 600 initiatives de la société civile.

Le document souligne que près de 53 % de la population mondiale utilise désormais des outils d’intelligence artificielle générative. Malgré cette adoption rapide, le niveau global de gouvernance reste limité, avec une moyenne mondiale d’environ 35 points sur 100.

Le rapport met également en évidence des disparités entre les pays du Nord et ceux du Sud. Ses auteurs estiment que si les États du Sud ont considérablement renforcé leurs politiques en matière d’IA responsable, la majorité de ces cadres demeurent non contraignants. Selon l’étude, 78 % des dispositifs mis en place dans les pays du Sud n’ont pas de caractère obligatoire, contre 42 % dans les pays développés.

Les auteurs du rapport soulignent aussi que la sécurité de l’intelligence artificielle progresse rapidement, mais reste principalement axée sur les aspects techniques. Ils relèvent que des preuves d’utilisation abusive de l’IA par des gouvernements ont été recensées dans 35 des 135 pays étudiés. Par ailleurs, seuls 36 % des États disposent de mécanismes pour lutter contre la désinformation et les violences facilitées par l’IA.

In fine, le rapport insiste sur les défis liés à la transparence, à l’impact environnemental et à la diversité linguistique. Seuls 27 % des pays disposent d’un cadre prenant en compte l’empreinte écologique de l’intelligence artificielle, tandis que de nombreux gouvernements investissent dans des technologies adaptées aux langues locales, sans pour autant imposer aux développeurs l’utilisation de jeux de données suffisamment diversifiés.

Abou SARRA