Le député Abderrazek Aouidet, président de la Commission de l’éducation, de la formation professionnelle et de la recherche scientifique à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), a critiqué sévèrement les propositions du plan de développement 2026-2030 concernant les domaines de l’éducation et de  la formation. Il  les a qualifiées de « très générales et très évasives ». Elles ne seraient d’après lui que de « simples déclarations d’intention »et ne sauraient être perçues comme de véritables projets de réforme.

Le député qui intervenait, le 10 juillet 2026,  sur les ondes de Radio Express Fm devait  développer sa propre vision de ce qui devrait être, d’après lui une véritable réforme du secteur. En voici les principaux axes.

Pour lui, tout réforme de l’éducation suppose tout d’abord des prérequis. Il s’agit d’organiser au préalable un débat national sur l’éducation et d’évaluer objectivement le système éducatif.  Ce dernier a abouti à un échec cuisant en générant trois phénomènes négatifs : le décrochage scolaire, la tricherie et le recours aux cours particuliers.

Le député estime que la réussite de la réforme éducative passe par la création d’un Conseil supérieur de l’éducation, placé sous la responsabilité de compétences pédagogiques et éducatives, à l’abri des considérations politiques. Selon lui, cet organisme serait chargé d’évaluer le système éducatif en vigueur, de suivre les besoins du marché du travail en matière de compétences, d’analyser les évolutions scientifiques, technologiques et pédagogiques à l’échelle internationale, de proposer des réformes du système éducatif et de faire en sorte que les diplômés de l’école tunisienne puissent s’intégrer plus facilement au marché de l’emploi.

Aouidet a insisté sur le fait que le ministre de l’Éducation ne devrait pas présider ce Conseil supérieur de l’éducation, estimant qu’il resterait tributaire des orientations du gouvernement, limitées au mieux à une décennie, alors que la politique éducative doit s’inscrire dans une vision de long terme et assurer la continuité des réformes.

Le président de la Commission de l’éducation au Parlement a également plaidé pour la fusion des ministères de l’Éducation, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, afin que la formation professionnelle ne soit plus perçue comme une voie de relégation pour les élèves en difficulté, mais comme un parcours éducatif valorisant les talents identifiés chez les jeunes.

ABS