Le président du championnat espagnol masculin de ⁠première division, Javier Tebas, a reproché à ​la FIFA de “détruire l’industrie du football” avec le nouveau format des compétitions internationales et ​appelé à la démission du président de l’instance ‌dirigeante du football mondial, Gianni Infantino.

Javier Tebas reproche de longue ‌date à la FIFA un calendrier international de ‌plus en plus surchargé et déplore la volonté de l’instance dirigeante d’élargir la Coupe du monde masculine à davantage de pays, alors que l’édition ⁠2026 du tournoi a compté pour la première fois 48 pays – contre 32 auparavant – et que la FIFA envisage de porter le nombre de participants à 64 pays.

A la question de ​savoir si Gianni Infantino devait démissionner, le président de la Liga a répondu par l’affirmative. “A mon avis, oui”, a-t-il dit au journal ⁠italien La Gazzetta dello Sport. “Je pense que son temps est révolu.”

En dépit de critiques croissantes à son encontre, Gianni Infantino a annoncé en ⁠avril dernier qu’il briguerait un quatrième mandat à la tête de la FIFA. Le scrutin pour le cycle 2027-2031 doit se tenir au Maroc le 18 mars prochain.

“Il ne devrait pas rester mais, dans la situation actuelle, il ne partira pas”, a déclaré Javier Tebas à propos du patron de la FIFA, notant que ce dernier conservait un soutien solide parmi les fédérations nationales malgré les inquiétudes exprimées dans le monde du football.

“Il n’y a aucun ​candidat d’opposition. Personne ne veut se présenter pour perdre. C’est le système, et c’est un système défaillant à la base”, a ajouté le président de la Liga.

“J’ai entendu beaucoup de personnes critiquer Infantino et désapprouver ce ‌qu’il fait. Elles le disent, mais ensuite elles ne font rien.”

Javier Tebas a également remis en cause la décision de la FIFA de reporter la suspension automatique de l’attaquant américain Folarin Balogun après son ⁠carton rouge en 16es de finale de la Coupe du monde, une décision prise ‌à la suite d’une intervention du président américain Donald Trump.

C’est “une affaire extrêmement grave”, a-t-il dit. “Ils ont eu de la chance que la Belgique élimine les États-Unis (en huitièmes de finale du tournoi), car dans le cas contraire, l’affaire aurait pu coûter son poste à Infantino.”

“Comme la Belgique a gagné, ils ont réussi à étouffer l’affaire. Mais ce genre d’épisode n’est que la partie émergée de l’iceberg.”

Javier Tebas a également critiqué un possible élargissement du nombre de ‌participants à la Coupe du monde, un projet porté notamment ⁠par le président de la Confédération sud-américaine de football (CONMEBOL), Alejandro Dominguez, pour l’édition 2030 qui marquera le centaine du tournoi.

“Augmenter le nombre d’équipes nationales n’a aucun sens”, a-t-il déclaré. “L’industrie du football ne se résume ‌pas à la Coupe du monde, même s’il s’agit de la compétition la plus importante. Tout ne peut pas tourner autour de la Coupe du monde. Ce sont les compétitions nationales qui font vivre ce sport”, a-t-il ‌poursuivi.

“Ils détruisent ⁠l’industrie du football, celle qui génère des dizaines de milliers d’emplois, au profit d’un événement qui dure 40 jours et auquel seule une minorité de joueurs participe.”