
Ces réformes s’inscrivent dans le cadre d’une vision stratégique globale visant à renforcer le rôle de l’État dans la consolidation des attributs d’un développement équitable, l’amélioration du rendement de l’administration, l’ancrage des principes d’intégrité et de transparence, ainsi que la lutte contre la corruption.
Ces réformes répondent à la nécessité urgente de faire face aux pressions accrues sur le budget de l’État et de garantir la pérennité des finances publiques.
Il s’agit également de s’orienter vers la rationalisation de la subvention et le développement des mécanismes de contrôle, en plus du développement des compétences en matière d’analyse des risques budgétaires.
Un nouveau cadre juridique et une vision moderne de la gestion des ressources humaines
Le système de gestion des ressources humaines figure en tête des priorités de la réforme, à travers la finalisation de la mise en place du système de gestion prévisionnelle. Cela se fera par la publication d’un guide pour les métiers de la fonction publique, la définition des fiches de poste et l’instauration d’un nouveau système d’évaluation individuelle des agents.
En outre, une révision globale de la loi de la fonction publique est prévue durant la période à venir, en instaurant un nouveau cadre juridique et les textes réglementaires y afférents, et en éliminant toutes les formes d’emploi précaire, par le biais de la régularisation de la situation des suppléants, des contractuels et des ouvriers des chantiers.
De même l’action sera accentuée sur le développement du cadre stratégique, légal et réglementaire régissant la formation dans la fonction publique.
Ainsi, une réforme structurelle et globale du système de formation de l’École nationale d’administration (ENA) sera menée, en adoptant un système de formation alterné (en présentiel et à distance), en plus de lancement des programmes spécifiques pour l’intégration et la mise à niveau des personnes intégrées dans la fonction publique.
Restructuration des services publics et concrétisation de la décentralisation
L’État œuvre à une révision de la structure des services publics et des établissements à caractère administratif, en adoptant un cadre de référence visant l’organisation des services décentralisés des ministères.
À cet égard, il aura le lancement d’une plateforme numérique nationale dédiée aux données relatives aux structures administratives publiques (ministères, administrations, instances et établissements publics) et à leur mise à jour.
Concernant le suivi de l’exécution des programmes et des projets publics, le document du plan prévoit l’élaboration d’un cadre général fixant les mécanismes de coordination, de suivi de la réalisation et d’évaluation.
Il prévoit également de faire le diagnostic des mécanismes de coordination actuels, l’évaluation de leur efficacité et le recensement des lacunes, tout en renforçant les structures et en mettant en application les systèmes de programmation et d’exécution, ainsi que le suivi de l’évaluation des projets publics.
Simplification des procédures et rapprochement des services du citoyen
Le nouveau plan de développement place le citoyen au cœur de ses préoccupations à travers un engagement visant à accélérer la révision globale des procédures administratives imposées aux usagers avec l’administration. Il s’agit de réduire le recours aux procédures de légalisation de signature et de copies conformes.
Le plan prévoit également l’amélioration de la qualité des services par la généralisation du label de qualité « Marhaba » pour concerner environ 200 structures publiques accréditées d’ici 2030, dans les établissements en relation directe avec le citoyen et l’entreprise.
À cet effet, le plan a validé l’implantation de 29 Maisons de services digitales dans les municipalités en 2026. À partir de 2027, il y’aura l’implantation de 10 Maisons de services digitales et la transformation de 5 Maisons de services multi-guichets en Maisons de services digitales.
L’objectif est de permettre la couverture de tous les gouvernorats et l’amélioration du taux de couverture géographique des services administratifs prioritaires, pour dépasser 80 % à la fin de la période du plan, contre 67 % actuellement.
Transformation numérique globale et concrétisation de l’e-gouvernement
Le plan met l’accent sur la mise en œuvre des principes de transparence et de reddition des comptes, en utilisant les technologies modernes et en mettant à disposition les données publiques (Open Data), pour qu’il soit un outil pour répondre aux besoins du citoyen.
Les programmes portent sur la définition d’un plan pour développer l’utilisation des services électroniques et intégrer les services au sein d’un portail numérique gouvernemental unique, tout en accordant la priorité à la numérisation des secteurs les plus sollicités, tels que la santé, le transport, l’éducation et l’enseignement, la justice, l’intérieur et les finances.
Il s’agit également d’élaborer un guide national des directives techniques pour l’accès numérique, et de créer un label d’accessibilité numérique pour contribuer à garantir le respect et la conformité des plateformes et des services aux normes internationales et nationales.


