
Dans un communiqué publié vendredi sur ses réseaux sociaux, le ministère a salué le parcours de l’artiste et a présenté ses condoléances à sa famille ainsi qu’à la communauté culturelle.
Ammar Guesmi était une figure de la scène musicale alternative tunisienne. Entre 1976 et 1980, il a participé à la création du collectif musical Ouled Ben Arous.
En 1980, il a cofondé à Ben Arous le groupe Al-Hamaem Al-Bidh (Les Colombes Blanches) aux côtés des frères Ilyes, Hached et Zakaria Kobbi, une formation connue pour son répertoire de chansons engagées. Le nom du groupe s’inspire du poème « Ahzan Al-Hamaem Al-Beidh » (Les tristesses des colombes blanches) du poète tunisien Mokhtar Laghmani.
Parallèlement à son parcours artistique, il a exercé comme instituteur à l’école Cité Essafa aux Yasminates, à Ben Arous, et s’est investi dans le militantisme syndical.
Son parcours est lié à l’émergence de la chanson engagée en Tunisie à la fin des années 1970. Né dans les milieux universitaires et syndicaux, ce mouvement musical alternatif s’est développé de manière indépendante pour lier l’art aux revendications sociales.
Durant les années 1980, le groupe d’Ammar Guesmi a été l’un des contributeurs de ce courant, s’appuyant sur l’identité sonore forgée par Zakaria Kobbi au violon, Hached Kobbi au oud et Ilyes Kobbi aux percussions et instruments africains (comme le guembri). Ensemble, ils ont mis en musique les œuvres de plusieurs poètes arabes et internationaux. Le groupe a notamment adapté les textes d’auteurs nationaux comme Menouer Smadah, ainsi que de poètes tels que les Palestiniens Mahmoud Darwish et Mouin Bseiso, ou encore le Chilien Pablo Neruda.
Au-delà de ses compositions pour Les Colombes Blanches, Ammar Guesmi a diversifié ses expressions artistiques. Il a composé et interprété des chansons du patrimoine militant comme Wakr Ennousour (Le nid des aigles) et Chikh Seghir (Le Petit Cheikh), issue d’une collaboration avec le poète tunisien Adam Fathi.
Il a également signé la composition de plusieurs bandes originales pour le théâtre pour enfants et pour le cinéma tunisien, collaborant avec ses musiciens sur des pièces telles que “Wakr Ennousour” en 1987. Il a notamment mené des projets associant art et action sociale, utilisant le théâtre de marionnettes à des fins thérapeutiques et pédagogiques auprès de publics vulnérables.


