Au cours de l’année 2026, la Tunisie a enregistré, une hausse du niveau de la mer et de la hauteur des vagues dépassant toutes les prévisions et les études antérieures, a souligné le ministre de l’Environnement, Habib Abid, considérant que ces phénomènes constituent un indicateur clair de l’accélération des impacts des changements climatiques dans la région méditerranéenne.

Dans une déclaration aux médias, vendredi, en marge d’un séminaire national sur la biodiversité organisé à Tunis, le ministre a précisé que cette hausse remarquable du niveau de la mer s’est manifestée distinctement durant la période du 19 au 21 janvier dernier.

La hauteur des vagues s’est élevée entre 6 à 14 mètres en Méditerranée, oscillant entre 6 à 8 mètres sur les côtes tunisiennes, ce qui a occasionné des dégâts jugés de “considérables”, a indiqué le ministre.

Et d’ajouter que son département a procédé à l’évaluation de ces dommages et a élaboré un programme d’intervention en coopération avec le ministère de l’Équipement.

D’après lui, la Tunisie prévoyait initialement de faire face à ces phénomènes à l’horizon 2050-2100. Cependant, leur survenue effective dès 2026 exige l’accélération du rythme des interventions et la réévaluation des plans d’adaptation aux changements climatiques.

Par ailleurs, il a ajouté que la Tunisie a entamé la mise en œuvre de plusieurs projets de protection et de réaménagement du littoral, précisant que des travaux ont déjà démarré dans le gouvernorat de Bizerte, alors que trois autres projets ont, déjà, été lancés dans le gouvernorat de Monastir depuis le 1er avril dernier. D’autres interventions concernent également les zones de Gammarth, Carthage, Sousse et Hammam Sousse, a-t-il encore fait savoir.

Le ministre a, par ailleurs, annoncé que les études relatives au réaménagement de près de 30 kilomètres de littoral, s’étendant entre Béni Khiar et Hammamet-Nord (gouvernorat de Nabeul), ont été finalisées, parallèlement au parachèvement des études spécifiques à l’île de Djerba et à certains projets prévus aux îles de Kerkennah.

Toujours dans le même cadre, le ministre a ajouté que la Tunisie œuvre actuellement, en coordination avec plusieurs pays méditerranéens, à l’échange d’expertises et à la mise en place de nouveaux mécanismes d’intervention et de prévention, face à ce qu’il a qualifié d’une “nouvelle expérience” liée aux dérèglements climatiques et à la montée des eaux.

Il a, à cet égard, insisté sur la nécessité de prendre des précautions supplémentaires pour protéger le littoral, appelant à renforcer les distances de sécurité pour les constructions côtières et à soutenir les efforts d’adaptation, dans le cadre de “l’Initiative du Littoral” qui implique les municipalités, les habitants, les professionnels et le secteur privé.