Afrique EconomieLe Continent entend doper les chaines de valeur en intra. Il pense activer, de la sorte, sa transformation. Vision planificatrice bien ciblée. Joli coup !

Les 28 et 29, courant, Tunis était la capitale économique du Continent. En effet TABC, organise la conférence FITA 2026. Celle-ci en est à sa neuvième édition. L’initiative connait plus d’affluence avec près de 3.000 participants venus de près de 70 pays. Cela tient de la meilleure audience de l’évènement car l’Afrique ne contient que 54 pays.

Et FITA améliore régulièrement son crédit auprès des institutions internationales lesquelles ont fait le déplacement, en masse. Le Thème de cette année est on ne peut plus pertinent et d’actualité : ‘’Chaines de valeur africaines : Développer des leviers stratégiques pour la transformation du Continent’’. L’évènement a été officiellement inauguré par le ministre de l’équipement et de l’habitat M. Slah Zouari, également ministre par interim des mines et de l’énergie.

Une 9 ème édition haute en couleurs

Houcine jaziri, président de TABC et maître de cérémonie de la plénière inaugurale s’est employé à donner du panache à l’édition de FITA 2026. Le bilan s’améliore d’une année sur l’autre. Au total, près de cent conventions économiques et partenariales. Plus de quarante missions commerciales. Et une dynamique de volontarisme qui commence à se répandre sur le Continent.

L’Afrique est un continent systémique laissait-il entendre. Et l’idéal serait de contribuer à ce qu’il retrouve sa masse critique. C’est dans cette perspective que s’inscrit le concept de FITA. Et ses nouvelles réalisations. FITA 2026 a réservé un panel à part à ‘linitiative du Canada de s’impliquer dans un partenariat avec le Continent. De même qu’un panel singulier à été consacré au plan SIMANDOU, de la république de Guinée.

Les responsables guinéens ont exposé dans toute son étendue le programme de mise en valeur de la région minière ( du fer à forte teneur), de la région de SIMANDOU. Cette initiative est sensée entrainer le décollage de l’économie de la Guinée, dans son ensemble.

“L’Afrique ne s’effondre pas, elle se transforme pour retrouver sa masse critique au sein d’un système mondialisé.”

 

C’est un programme qui s’étale sur 15 ans et qui se chiffre à deux cents milliards de dollars US. Cet effort de diversification et d’ouverture sur des nouveaux partenaires ainsi que cet effort de concertation pour les programmes de développement marque une étape majeure dans l’effort d’intégration du Continent. TABC y a contribué activement. L’extension de la Caitale Kinshasa l’illustr bien.

Novation City, le Technopark de Sousse y construira un parc technologique et une cité textile se fera en parienariat avec la filière tunisienne. Par ailleurs les Africa Awards de cette année ont été marqués d’un lustre particulier. Pour la première fois on a récompensé le’’Policy Paperss’’ une initiative TABC pour générer des contributions de propositions de politique publiques dans des domaines sensibles. On ne peut ne pas citer non plus l’éclat particulier de la récompense de la meilleure contribution de la Diaspora. Le prix de cette année est revenu à Habib Ben Romdhane, promoteur de la mise sur pied de la Chambre de Commerce et d’industrie de Tunisie et de Madagascar.

“Avec un programme de 200 milliards de dollars sur 15 ans, le plan Simandou marque une étape majeure de l’intégration continentale.”

Une grande euphorie

L’on a entendu durant les diverses interventions des keynotes speakers des slogans euphoriques. Il est vrai que dans son ensemble le Continent a connu une croissance soutenue réalisant 4,5 % en 2025 et part avec une perspective solide de 4,3 %en 2026. Il est indéniable que l’Afrique se relève de tous les coups de butoir et de tous les revirements de la conjocnture internationale. Et avec emphase on a entendu que ‘’l’Afrique ne s’effondre pas mais se transforme’’.

C’est utile de garder foi en soi et en son avenir. Il ne s’agit point de slogans enflammés mais d’une véritable résolution de souveraineté économique. Et dans le même registre l’on a entendu que l’Afrique devient une terre promise pour l’investissement. L’on n’en est plus à ‘’secourir le Continent mais à y investir’’.

En effet un changement financier important a été amorcé. Les émissions souveraines des pays africains suscitent un certain engouement de la part des investisseurs internationaux. Et l’on a culminé avec cette affirmation qui s’apparente à un cri de guerre ’’l’Afrique n’a pas besoin d’injections externes, elle s’investira dans une capitalisation interne’’.

“L’Afrique n’a plus besoin d’injections externes, elle s’investira dans une capitalisation interne.”

Le challenge de la transformation endogène, mirage ou réalité ?

La souveraineté économique africaine est une revendication légitime au vu des moyens abondants dont dispose le Continent. Par sa seule superficie de 30 millions de Km2 l’ Afrique peut loger les USA ( 10 millions de Km2), la Russie (17 millions) ainsi que l’UE (4 millions environ).

Le Continent est hautment pourvu en richesses naturelles. Le défaut de la cuirasse est que sa démographie dépasse sa vitesse de croissance. Il est projeté que la population africaine double à horizon 2050 pour dépasser 2 milliards d’habitants. Par ailleurs le Continent est frustré par des déficits en tous genres. On cite que le déficit d’infrastructure se chiffre à 170 milliards de dollars US. Ajouter à cela le déficit compréhensible de gouvernance étant donné que l’ensemble est fortement atomisé avec 54 pays différents.

Le Continent a intégré dans son approche une première donné fondamentale à savoir le recours en intra à des regroupements régionaux compatibles. Et avec une dynamique commerciale globale et c’est bien la finalité de la ZLECAF. Cependant au plan méthodologique la planification africaine est en train de progresser positivement. Nous pensons que la recherche stratégique d’intégration des chaines de valeur est un puissant levier de propulsion. Eloignera-t-il la convoitise des puissances étrangères tel la Chine ou la Russie et la Turquie ? Ou alors contribuera-t-elle à l’aiguiser davantage ?

ALI DRISS

EN BREF

  • Record d’audience : 3.000 participants et 70 pays représentés à Tunis pour le FITA 2026.
  • Croissance résiliente : Une perspective de 4,3 % pour 2026 malgré l’instabilité mondiale.
  • Projets structurants : Focus sur le projet Simandou (200 Mds $) et le corridor textile Tunisie-RDC.
  • Souveraineté financière : Transition de l’aide internationale vers l’investissement de capitalisation interne.
  • Intégration régionale : La ZLECAF comme levier pour combler le déficit d’infrastructures de 170 Mds $.