Les résultats de l’Indice du Budget Ouvert 2025 (OBS 2025) ont révélé une performance contrastée de la Tunisie dans les domaines de la transparence, la participation et le contrôle budgétaire.
Selon l’enquête qui évalue le niveau de transparence, de participation et de contrôle du budget public dans 125 pays à travers le monde, la Tunisie a enregistré une améliorations notable dans le domaine du contrôle des finances publiques, ce qui reflète un développement des mécanismes de supervision et de redevabilité.
La Tunisie a récolté 37 points dans le domaine du contrôle, contre 12 points en 2023. Cette progression est expliquée essentiellement par la reprise des activités de l’Assemblée des représentants du peuple et le renforcement du rôle de la Cour des comptes, ce qui a contribué à améliorer l’efficacité du suivi de l’exécution du budget.
Les résultats de l’enquête révèlent également une légère amélioration au niveau de la participation. En effet, le score du pays est passé de 4 à 6 points, reflétant un début d’ouverture en matière d’implication de la société civile, à travers certaines initiatives avec la cour des comptes.
Toutefois, l’enquête montre une nette régression au niveau de la transparence. La Tunisie a obtenu 11 points sur un total de 100, contre 16 points en 2023. Ce score place la Tunisie parmi les 15 pays les moins transparents au niveau mondial.
Cette régression est expliquée essentiellement par la non publication d’un nombre de documents budgétaires essentiels, notamment, le projet de loi de finances, la loi de finances, et les rapports de fin d’année, ainsi que par l’absence de publication du rapport de la Cour des comptes relatif à la clôture du budget de l’État.
Sur le plan régional, la Tunisie a occupé un rang inférieur par rapport à plusieurs pays arabes, ne devançant que la Libye et l’Algérie, et se situant derrière le Maroc, l’Égypte et la Jordanie avec un écart notable.
Dans ses recommandations, le rapport appelle le ministère des Finances à publier les documents budgétaires dans les délais impartis et à renforcer la participation citoyenne à travers l’organisation de consultations publiques lors de l’élaboration du projet de loi de finances, ainsi qu’à améliorer le contenu des rapports d’exécution.
Il recommande également à l’Assemblée des représentants du peuple d’élargir l’implication de la société civile dans la discussion du budget, tout en soulignant la nécessité de soutenir l’indépendance de la Cour des comptes et de renforcer les mécanismes participatifs dans son fonctionnement.


