Suite au démarrage de l’examen par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) de cinq projets de loi portant sur des accords de concessions pour la production d’électricité à partir des énergies renouvelables, la Fédération générale de l’électricité et du gaz a émis, ce mardi, des réserves à ce sujet, déplorant son exclusion des concertations malgré l’implication d’autres organisations.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Elyès Ben Ammar, membre de la fédération, a estimé qu’un bilan des concessions antérieures, notamment celles attribuées en décembre 2019, s’impose avant la signature d’autres évoquant des pertes importantes pour les finances publiques.
Il a indiqué que certaines conventions ont conduit la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) à renoncer à des ressources potentiellement profitables, en particulier les crédits carbone liés à la réduction des émissions dans la production d’énergie propre.
Selon lui, des projets réalisés à Sidi Bouzid, Tozeur et Tataouine ont permis à des investisseurs étrangers de bénéficier de ces certificats qui auraient dû revenir à l’entreprise publique.
Le responsable syndical a également critiqué les modalités d’attribution des concessions, estimant qu’elles favorisent une emprise étrangère sur le secteur, ce qui pourrait, à son avis, affecter la souveraineté énergétique nationale, notamment dans le cadre de projets orientés vers l’exportation vers l’Europe.
Il a, en revanche, mis en avant les capacités techniques de la STEG à développer ce type de projets, appelant à soutenir les initiatives nationales, à l’image du programme « Prosol » dédié au photovoltaïque en toiture, qu’il considère comme une réussite.
Par ailleurs, il a plaidé pour l’ouverture d’un dialogue avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie ainsi qu’avec le Parlement, dénonçant la marginalisation de l’UGTT dans le débat autour de ces dossiers.
La Commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) avait auditionné, mercredi dernier, le ministre de l’Environnement, Habib Abid, ainsi que le PDG de la STEG, Faycel Trifa, au sujet du mécanisme d’échange des crédits carbone, dans le cadre de l’examen de projets de lois relatifs à la production d’électricité à partir des énergies renouvelables.
Trifa avait indiqué que les crédits carbone issus des projets de concessions appartiennent principalement à la société, évoquant l’existence de plusieurs options de partage ou de transfert à l’État. Il a insisté sur l’importance de ces projets en matière de transfert de technologie, malgré les difficultés financières que connaît la STEG, appelant à accélérer leur adoption afin de soutenir l’investissement dans les énergies renouvelables.
Le responsable avait également évoqué les difficultés financières de la STEG, précisant que le coût annuel d’achat du gaz avoisine 6 milliards de dinars, pour des recettes estimées à 5 milliards, soit un déficit d’environ un milliard de dinars, partiellement compensé par un soutien de l’État proche de 4 milliards de dinars par an.


