
Le Baromètre renseigne sur le pouls du climat des affaires dans le pays ainsi que sur les doléances des entreprises. Et nourrit la curiosité surtout sur le Feed –Back des pouvoirs publics.
Mardi 7, courant, a eu lieu au siège de la Chambre, la présentation à la Presse du baromètre économique, qui en est à sa troisième édition. Cela s’est déroulé, en présence de Khelil Chaibi, président et Raja Touil, DG ainsi que des présidents de commissions et du collectif de préparation du sondage. Mohamed Louzir, SG de la Chambre était à la manœuvre. Khelil Laabidi, ex-président de la TIA, conseiller à la Chambre a pris part à l’évènement. Un tour d’horizon détaillé de l’activité économique de l’année écoulée. Et un joli tableau de bord pour l’année en cours.
Maintenir la tendance
Le thème pour cette année portait sur ‘’L’impact de la conjoncture économique sur les performances des entreprises tuniso-française’’. Le sondage qui accompagne le baromètre réunit son quorum laissait entendre Mohamed Louzir. Il cible les entreprises qui emploient 50 salariés et plus. Elles sont de capital français, ou tunisien ou mixte. A 50 % elles exercent dans l’industrie.
Le sondage s’est déroulé entre le 15 décembre 2025 et le 3 mars 2026. Il en ressort deux éléments importants. Le premier est que les chefs d’entreprises se prononcent sur des résultats 2025 pleinement accomplis. De même qu’ils évoquent l’année en cours intégrant le tumulte géo stratégique ambiant. Cette note d’actualité ajoute au crédit des conclusions du baromètre.
Pour faire court, on dira que l’année 2025 a engrangé une moisson en hausse, précisera Mohamed Louezir. Et qui intervient à la suite d’un exercice 2024 aux résultats maigres, nuancera Khelil Laabidi. Les perspectives 2026 appellent à la prudence. Et de ce fait si l’on veut maintenir le rythme préalablement amorcé il convient de faire en sorte que l’environnement national des affaires soit plus incitatif ajoutera Khelil Chaibi.
Que sait-on de 2025 ? Et qu’est-ce qu’on apprend pour 2026 ?
Le couple Chiffre d’affaires et investissement a bien carburé au cours de l’année écoulée. En effet 47 % ont enregistré une croissance de leur chiffre d’affaires et 34 % l’ont maintenu.
Seules 19 % ont essuyé un recul. Ils sont 55 % à anticiper une croissance du chiffre en 2026. Ils sont 32 % à avoir réalisé des investissements. Et ce résultat serait reconduit à un intervalle de -5 à +5 %. C’est là que survient l’élément de prudence. L’on retrouve cet élément sur un autre registre. Ils sont 56 % à trouver que l’environnement économique était favorable en 2025 contre 41 % en 2026. Cet élément est cohérent avec le contexte géo politique que nous vivons.
Comment donc doper l’environnement économique local pour lisser les perturbations survenues à l’international. Ils sont 37 % à trouver que le climat social est propice en 2025 contre 35 % en 2026. Et last but not least, et nous rajouterons pour notre part que c’est sans surprise, ils sont 83 % à admettre être affectés par le nouveau code du travail en 2026.
Ce bloc est réparti en trois tiers quasi égaux à être fortement, moyennement et faiblement concernés. Ce point a été abondamment commenté par Mohamed Louzir qui expliquait que la généralisation des CDI gênait les sociétés principalement exportatrices. Ces dernières y recouraient en fonction de l’allure de leurs carnets de commandes à faire des transferts momentanés d’effectifs d’une entreprise à l’autre. Cela se pratique soit au sein d’un groupe ou d’un consortium.
L’avantage de ces recours est évident en ce sens qu’il permet de répondre efficacement aux fluctuations des commandes, chose fréquente dans le business. Cet aspect n’est pas sans renvoyer au débat, resté en stand-By sur la flexibilité du travail notamment pour les entreprises exportatrices sujettes à des sauts de commandes imprévisibles.
Quelles attentes pour 2026 ?
Le baromètre entretenait un certain espoir de voir 2026 hériter de l’allant d’activité enregistré en 2025. Et c’est vraiment la faute à ‘’pas de chance’’ car c’est le contexte mondial qui nous fait une mauvaise surprise. Il sera à l’origine d’un certain ralentissement chez notre principal partenaire à savoir l’Union Européenne. Et par effet de ruissellement il touchera également nos exportations sur la France.
Est-ce que cela serait compensé par une croissance des exportations sur le reste du continent africain ? Ce ne sera pas momentanément le cas car le baromètre nous apprend que seules 28% commercent modestement, avec le reste des pays africains tout en reconnaissant un potentiel considérable. Si donc l’on veut booster la dynamique amorcée en 2025 la riposte à notre protée consisterait à accélérer les réformes.
Et cela est en ligne avec le baromètre lequel révèle que les entreprises sont dans l’attente du nouveau code de change. Qu’elles appellent, entr’autres à plus de stabilité règlementaire et fiscale. Et c’est une voie gagnant-gagnant car plus ces entreprises prospèrent plus elles mettraient en valeur les avantages comparatifs de notre pays. Ce qui augmenterait l’attractivité de la Tunisie pour plus de nouveaux IDE.
ALI DRISS
EN BREF
- Performance 2025 : 47% des entreprises tuniso-françaises ont vu leur CA croître.
- Perception : 56% jugeaient le climat économique favorable en 2025, contre seulement 41% pour 2026.
- Incertitude 2026 : La prudence domine en raison du ralentissement attendu en Zone Euro et en France.
- Point de blocage : 83% des entreprises sont affectées par le nouveau Code du travail (généralisation des CDI), nuisant à la flexibilité des exportateurs.
- Attentes : Les entreprises réclament urgemment le nouveau Code des changes et la stabilité fiscale pour débloquer l’investissement (90% des investissements actuels sont des extensions).


