La quatrième édition de la Rencontre El Jem se tiendra les 18 et 19 avril 2026 au musée archéologique d’El Jem autour du thème “Patrimoine, tourisme durable et développement local”.
Co-organisé par l’Association de Développement Local d’El Jem (ADL), le Festival International de la Musique Symphonique d’El Jem (FIMSJ), l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis (ENAU) et le Laboratoire de recherche en Patrimoine, Architecture et Ambiances (LarPAA), cet événement réunira chercheurs, professionnels, acteurs du patrimoine et passionnés autour de thématiques liées à la valorisation du patrimoine, au tourisme durable et au développement local.
Il est mené en coordination avec plusieurs institutions locales et nationales, notamment la municipalité d’El Jem, le ministère du Tourisme, le ministère des Affaires culturelles et l’Institut National du Patrimoine (INP).
Lancée en 2019, la Rencontre El Jem est un événement à la fois culturel et scientifique consacré aux études liées au patrimoine, à la ville et au développement local, en Tunisie comme à l’international. Elle prend la forme d’un colloque international dont les actes sont publiés après évaluation des articles par un comité scientifique.
Le cas d’El Jem
Accueillant chaque année des centaines de milliers de visiteurs, l’amphithéâtre d’El Jem, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, constitue le monument historique le plus visité en Tunisie et le deuxième site le plus fréquenté par les touristes étrangers après Carthage.
A partir des années 1990, plusieurs initiatives ont cherché à promouvoir un tourisme culturel à travers des aménagements urbains, la valorisation du musée archéologique, agrandi en 2022, ainsi que l’encouragement de pratiques artisanales, notamment la mosaïque, et le développement d’une dynamique culturelle. Toutefois, comme le souligne le livret du colloque, ces efforts sont restés limités : le modèle dominant demeure celui du tourisme de masse, et la ville reste largement associée à son seul amphithéâtre dans l’imaginaire touristique.
Dès lors, lit-on encore dans le livret des résumés, plusieurs interrogations émergent : la ville d’El Jem peut-elle capitaliser sur son potentiel patrimonial et sur l’afflux de visiteurs ? Le tourisme peut-il constituer un levier de développement local durable ? Et selon quelles stratégies ?
L’analyse du paysage urbain et culturel de la ville met en évidence une richesse patrimoniale plurielle, à la fois matérielle et immatérielle, susceptible de soutenir des formes alternatives de tourisme. Ces potentialités s’inscrivent dans de nouveaux paradigmes touristiques -durable, responsable, équitable, expérientiel ou encore “slow tourisme”- qui ouvrent la voie à des modèles de développement fondés sur la durabilité environnementale, l’équité sociale et la viabilité économique.
Dans cette perspective, l’UNESCO a lancé en 2011 le programme “Patrimoine mondial et tourisme durable”, visant à instaurer un dialogue entre gestionnaires de sites, opérateurs touristiques et communautés locales. Cette approche encourage une gouvernance renouvelée du patrimoine, conciliant sa préservation avec l’amélioration des conditions de vie des populations.
Dans le cas d’El Jem, la mise en œuvre de ces modèles se heurte toutefois à plusieurs contraintes, notamment une gouvernance centralisée limitant l’implication des acteurs locaux et du secteur privé, ainsi que la persistance de logiques liées au tourisme de masse.
Dans ce contexte, la rencontre vise à porter les réflexions autour de trois axes principaux, comme le souligne l’architecte Salim Ben Rejeb, coordinateur du colloque. Le premier porte sur les nouveaux paradigmes du patrimoine et du tourisme durable, en examinant l’évolution des modèles touristiques et leur articulation avec les enjeux territoriaux. Le deuxième s’intéresse aux technologies numériques, à l’intelligence artificielle et à la médiation patrimoniale, en explorant leur rôle dans la conservation, la valorisation et la transmission du patrimoine. Enfin, le troisième axe aborde les questions de gouvernance, de cadres réglementaires et de politiques inclusives, en mettant en lumière les enjeux institutionnels et participatifs liés au développement territorial.


