Le lancement officiel de la deuxième phase du projet « vers une approche globale de la gouvernance de la migration et de la mobilité de main d’œuvre en Afrique du Nord » (THAMM+OFII) a été annoncé ce jeudi lors d’un colloque national organisé à Tunis.
Cette nouvelle phase du projet, dont la mise en œuvre se poursuivra jusqu’en 2030, vise à valoriser les acquis de la première phase et à en renforcer la durabilité, ainsi qu’à développer les domaines d’intervention du projet, à approfondir les partenariats et à renforcer les parcours de mobilité professionnelle.
Le nouveau projet se concentre sur un certain nombre de secteurs prioritaires à fort potentiel d’emploi, parmi lesquels l’agriculture, les soins, les transports, la logistique, l’industrie, le tourisme et la restauration.
Les résultats de la première phase du projet, qui s’est étendue de 2022 à 2025, ont été annoncés lors de la conférence. Cette phase a permis à 527 jeunes de bénéficier de contrats de recrutement et de se rendre en France pour travailler dans des secteurs en pénurie de main-d’œuvre, tels que l’agriculture, les métiers de l’aide à la personne et l’industrie, ainsi que le tourisme et la restauration.
Ces contrats se répartissaient en 190 contrats saisonniers, 234 contrats à durée indéterminée et 47 contrats à durée déterminée, auxquels s’ajoute le recrutement de 56 jeunes professionnels dans le cadre de la migration circulaire.
Au cours de la première phase du programme, 997 jeunes ont également été formés dans le cadre de programmes de formation complémentaire visant à développer leurs compétences et à améliorer leur employabilité, tout en sensibilisant des milliers de jeunes, de professionnels et d’institutions aux possibilités de migration professionnelle légale.
Le projet a également contribué à renforcer les liens entre les employeurs français et les compétences tunisiennes, grâce à l’organisation de sessions de détachement en collaboration avec l’Agence nationale pour l’emploi, ainsi qu’au soutien de partenariats durables par le biais de missions exploratoires en France, qui ont permis aux structures publiques tunisiennes de mieux cerner les besoins du marché étranger.
Le ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, Riadh Chaoud a souligné que «l’objectif principal de la Tunisie à travers ce programme est d’offrir aux jeunes des opportunités d’emploi et des contrats réglementés et dans des conditions décentes, notamment sur le marché français».
Il a indiqué que le ministère oeuvre à développer le système de formation professionnelle en y apportant des améliorations et en mettant en place tous les mécanismes permettant aux jeunes Tunisiens d’acquérir les compétences et les aptitudes nécessaires, tant pour s’intégrer sur le marché du travail national qu’à l’étranger.
Il a fait savoir que les premiers résultats du projet ont permis l’embauche de plus de 500 jeunes en CDI, ainsi que la création d’emplois temporaires, précisant que les principaux secteurs ayant bénéficié de ces recrutements sont la maintenance industrielle, l’agriculture, les transports, la logistique et les technologies de l’information et de la communication.
Il a ajouté que la première phase du programme a permis la mise en place d’un système informatique pour anticiper les opportunités d’emploi et recruter des compétences au niveau du marché du travail national et mondial, précisant que ce système est disponible au sein de l’Observatoire national des métiers et des compétences relevant du ministère de l’Emploi.
Il a également précisé que la prospective des métiers se répercute sur les programmes de formation et les spécialisations, soulignant que le ministère tente d’adapter le système de formation professionnelle aux besoins du marché du travail aux niveaux national et international.
De son côté, l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Gueguen, a déclaré aux journalistes que le lancement officiel de cette phase « devrait ouvrir des perspectives de développement durable et commun entre les deux rives de la Méditerranée ».
Elle a indiqué que le nombre de visas professionnels et économiques délivrés par l’ambassade en 2025 « s’éleve à entre 6 500 et 7 500 visas», ajoutant que ce chiffre « est significatif et en augmentation grâce à ce partenariat ».
Elle a précisé que le projet, mis en œuvre en partenariat entre le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, l’Office français de l’immigration et de l’intégration et l’Union européenne, vise à « renforcer l’immigration professionnelle légale et organisée entre les pays d’Afrique du Nord et l’Union Européenne”.


