Une carte blanche consacrée à Tahar Chériaa (1927–2010), figure de proue du cinéma panafricain et fondateur des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), est présentée en ce mois d’avril au Metrograph à New York. Cet hommage se déploie également à Princeton et Washington à travers des projections et des rencontres en présence du cinéaste Mohamed Challouf.

Au Metrograph, cette carte blanche posthume réunit une sélection de 13 films, longs et courts métrages, de pionniers du cinéma africain et arabe, accompagnée de l’exposition « Tahar Chériaa : Chroniques d’un pionnier panafricain », visible depuis le 3 avril. Le documentaire « Tahar Chériaa : À l’ombre du baobab » (70 minutes, 2014), réalisé par Mohamed Challouf, y sera projeté le 17 avril.

Le film sera également présenté le 16 avril à l’Université de Princeton, dans le cadre du Festival du film français de Princeton. Une autre projection est prévue le 19 avril à Washington, au “Sankofa Video, Books & Cafe”, suivie d’une séance de questions-réponses avec le réalisateur.

Interrogé par l’agence TAP, Challouf indique que l’initiative, initialement portée par le Metrograph, une salle historique de films d’art et d’Essais, rend hommage au fondateur des JCC à travers une programmation réunissant des œuvres de cinéastes qu’il a soutenus ou accompagnés, parmi lesquels Ousmane Sembène, Med Hondo, Sarah Maldoror, Djibril Diop Mambéty, Atiyat al-Abnoudi, Mohamed Lakhdar-Hamina ou encore Heiny Srour.

Selon Challouf, la projection organisée à Washington est à l’initiative du cinéaste éthiopien Haile Gerima, proche de Chériaa, au sein d’un espace culturel dédié aux expressions africaines et diasporiques.

Le Festival du film français de Princeton, organisé en collaboration avec Villa Albertine et l’Organisation internationale de la Francophonie, propose une programmation de 23 films, parmi lesquels « Tahar Chériaa : À l’ombre du baobab », accompagnée de rencontres, masterclasses et activités pédagogiques, réparties sur plusieurs lieux de la ville.

Le documentaire de Challouf retrace le parcours de Tahar Chériaa, fondateur en 1966 des JCC, considérées comme le premier festival de cinéma africain et arabe. Il revient notamment sur le « groupe du baobab », cercle de cinéastes ayant contribué à l’émergence d’un cinéma africain engagé.

Figure centrale du panafricanisme cinématographique, Tahar Chériaa a également participé à la création du FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la Télévision de Ouagadougou) en 1969 et de la FEPACI (Fédération Panafricaine des Cinéastes), contribuant à structurer un réseau de création et de diffusion à l’échelle du Continent.