En Tunisie, les femmes représentent 50,4% de la population rurale, mais seulement 5% de la superficie agricole est exploitée par les femmes, a indiqué le fonctionnaire Terre et eaux au Bureau sous régional de la FAO pour l’Afrique du Nord, Abdourahman Maki.
Intervenant lors d’un atelier sur le thème « Eau et Genre », tenu lundi 30 mars 2026 à Tunis, il a précisé que la contribution de ces femmes, qui se trouvent au cœur des systèmes agroalimentaires, reste encore insuffisamment reconnue, et des obstacles persistants limitent leur accès aux ressources naturelles, à l’eau, aux terres, à la formation, et à la prise de décision.
Au niveau mondial, les femmes représentent 41% de la main-d’œuvre agricole, mais ne possèdent que moins de 15% des terres. Elles subissent, également, un écart de productivité estimé à 24%, dû à un accès inégal aux intrants, aux technologies et à l’eau.
Elles assurent entre 40 et 60% du travail agricole dans les pays à faible revenu. Dans la gestion de l’eau, ce sont elles qui supportent l’essentiel du fardeau: collecte, transport, utilisation domestique, mais souvent sans pouvoir décisionnel, a souligné Maki.
Il a mis l’accent, à cette occasion, sur l’impératif de mettre en place une approche transformatrice, fondée sur les droits, qui reconnaît et valorise pleinement l’expertise et l’action des femmes dans la gouvernance de l’eau, et ce, en vue de répondre à la crise hydrique.
« Investir dans l’initiative, les compétences et le leadership des femmes, c’est transformer la gestion de l’eau en moteur d’un avenir plus sain, plus prospère et plus juste pour toutes et tous » a encore noté Maki.
Et de poursuivre que cet atelier est organisé à l’occasion de la célébration conjointe de l’Année Internationale des Agricultrices 2026 et de la Journée Mondiale de l’Eau.
« L’année 2026 nous offre une opportunité de plus pour mettre en lumière les agricultrices, reconnaître leur rôle fondamental, et bâtir avec elles des solutions durables à la crise de l’eau », a-t-il avancé.
De même, le fonctionnaire Terre et eaux au Bureau sous régional de la FAO pour l’Afrique du Nord, a fait savoir que cet évènement est organisé dans le cadre du projet « APAISE-PBF », visant à faire face à la pression croissante sur les ressources en eau dans les gouvernorats de Gafsa et Kairouan et à favoriser l’accès des communautés locales, notamment les femmes, aux ressources hydriques et aux services liés à l’eau.
Financé par le fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix et mis en œuvre par la FAO, le PNUD, I’UNICEF et le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, ce projet s’étale pour une période de deux ans (2026-2027).
Il œuvre pour un accès équitable aux ressources naturelles, pour une gouvernance de l’eau sensible au genre, et pour un renforcement concret des capacités des femmes agricultrices et des jeunes filles rurales.
Dans son allocution, prononcée en son nom par le représentant du ministère de l’agriculture Chamseddine Harrabi, le Secrétaire d’Etat chargé de l’Eau, Hamadi Habaieb a indiqué que les femmes agricultrices jouent un rôle déterminant dans la production alimentaire, la sécurité nutritionnelle et la résilience des ménages ruraux. Leur contribution est essentielle mais elle reste encore trop souvent invisible ou insuffisamment valorisée, a-t-il ajouté.
De même, leur participation aux processus décisionnels reste encore insuffisante. Elles demeurent sous-représentées dans les instances de gouvernance, dans les mécanismes de financement et dans l’élaboration des politiques publiques relatives à l’eau, a encore souligné Habaieb.
« Renforcer leur accès aux ressources qu’il s’agisse de l’eau, de la terre, du financement ou des technologies signifie non seulement promouvoir l’égalité mais aussi améliorer la production agricole, renforcer la sécurité alimentaire et soutenir le développement rural durable », a -t-il affirmé.
Selon les organisateurs, cet atelier constitue une opportunité pour sensibiliser et promouvoir des actions visant à combler les écarts entre les hommes et les femmes et à améliorer les moyens de subsistance des femmes rurales.
Il offre, aussi, un espace d’échange et de réseautage entre les différents types d’acteurs sur les thématiques liant eau et genre.


