À l’occasion de la Journée internationale des femmes célébrée le 8 mars, le Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme (CREDIF) a organisé, vendredi soir, une rencontre scientifique, culturelle et intellectuelle consacrée à la présentation des résultats de l’étude intitulée « Des hommes ayant soutenu les femmes en Tunisie durant un siècle (1865-1956) ».
“L’étude met en lumière des figures masculines, souvent méconnues, qui ont contribué à la défense des droits des femmes tunisiennes”, a souligné la directrice générale du CREDIF, Sonia Ben Jemia.
Menée par une équipe de chercheurs et d’universitaires spécialisés dans les sciences humaines et sociales dans les universités de Sfax, Sousse, la Manouba et Tunis, l’étude adopte une approche historique et sociale pour analyser les formes de ce soutien et les contextes culturels et politiques qui ont encouragé ces prises de position, selon Jemia.
S’exprimant à cette occasion, la ministre de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Séniors, Asma Jebri, a souligné que la question des droits des femmes constitue un enjeu sociétal porté par les femmes mais également soutenu par des hommes engagés, rappelant l’importance de valoriser ces contributions dans l’histoire nationale.
“C’est une occasion pour rendre hommage à ces hommes et pour valoriser leurs contributions, non seulement au profit de la femme tunisienne, mais aussi des générations futures et de la société dans son ensemble. Il s’agit également de s’inspirer de leurs parcours afin de renforcer les principes de justice et d’égalité dans la citoyenneté, ainsi que dans les droits et les devoirs, et de promouvoir l’inclusion, la cohésion sociale et le rejet de toutes les formes de violence, de marginalisation et de discrimination entre les sexes, entre les catégories sociales et entre les régions”, a-t-elle soutenu.
Présentant l’étude, son coordinateur scientifique, le professeur d’histoire contemporaine et d’anthropologie historique à l’Université de Sfax, Abdelwahed Mokni, a précisé qu’elle couvre la période 1856-1956, en se référant notamment à la célèbre lettre adressée le 13 février 1856 par l’historien Ahmed Ibn Abi Dhiaf au consul français, qui affirmait que la femme musulmane ne disposait pas de droits.
Ibn Abi Dhiaf y avait répondu en exposant la vision de l’élite réformiste pour l’émancipation de la femme.
L’année 1956 a été retenue comme limite chronologique en raison de la promulgation du Code du statut personnel, considéré par le coordinateur de la recherche comme l’aboutissement majeur du processus d’émancipation des femmes.
L’étude documente également les parcours d’hommes, issus de différents milieux et occupant diverses positions, qui ont soutenu les femmes durant cette période, notamment en défendant leur droit à l’éducation, au travail et à la liberté vestimentaire, ainsi que leur présence dans l’espace public et l’accès à certaines professions traditionnellement réservées aux hommes.
Selon Mokni, les biographies retenues ont été sélectionnées sur la base de positions attestées dans des sources écrites, des périodiques et journaux, des archives audiovisuelles ou des témoignages oraux, démontrant leur engagement en faveur de la cause des femmes tunisiennes et des luttes féminines, qu’elles soient individuelles ou collectives.
D’après la même source, la méthodologie de l’étude s’appuie sur l’analyse des domaines et des formes de soutien aux femmes, ainsi que des arguments attestant cet engagement, afin de comprendre les motivations de ces prises de position à travers l’étude des contextes sociaux, culturels et politiques ayant favorisé ces initiatives.
A noter que l’étude sera publiée lors de la prochaine édition de la Foire internationale du livre de Tunis.


