La Commission de l’éducation, de la formation professionnelle, de la recherche scientifique, de la jeunesse et des sports de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a tenu une réunion, mercredi soir, consacrée à l’examen du projet de loi organique relatif aux structures sportives.
Selon un communiqué de l’ARP, le président de la commission, Abdelrazek Aouidet, a ouvert la séance en soulignant l’inadaptation des textes législatifs et réglementaires actuels aux évolutions rapides du secteur.
Les initiateurs de la proposition ont présenté leur texte comme une réponse aux aspirations des sportifs tunisiens. L’objectif est de pallier les lacunes du système actuel en instaurant un nouveau modèle sportif. Cette vision réformatrice vise à restructurer le secteur sur des bases modernes pour garantir la pérennité du service public sportif et renforcer la compétitivité de la Tunisie aux niveaux régional et international, grâce à une action concertée de l’ensemble des acteurs.
Le texte aspire également à consolider la démocratie au sein des instances sportives, via l’organisation des élections et l’établissement de critères de gestion. L’objectif est de garantir l’indépendance de la décision sportive et de réduire l’influence des “aléas politiques”. La proposition entend par ailleurs renforcer le rôle social et économique du sport en autorisant la création de sociétés sportives professionnelles, favorisant ainsi un partenariat public-privé.
Cela permettrait de diversifier et pérenniser le financement, allégeant la charge de l’État.
Les députés ont dressé un constat partagé d’une “crise structurelle profonde”. Ils considèrent cette proposition comme une réforme nécessaire pour s’adapter aux mutations nationales et internationales. Elle vise à établir un cadre légal clarifiant les responsabilités et promouvant la transparence et la bonne gouvernance pour une gestion optimale des ressources, tout en luttant contre les dérives financières et administratives.
Parmi les carences identifiées figurent la vétusté des infrastructures, le manque d’entretien, la faiblesse des financements, le déclin du bénévolat, l’exode des talents et la baisse des résultats internationaux, à l’exception de quelques succès individuels (tennis, natation). Pour y remédier, les élus ont plaidé pour un partenariat public-privé renforcé et l’inspiration des modèles étrangers performants en matière d’investissement sportif.
L’importance d’intégrer les diplômés des instituts de sport et d’éducation physique dans les conseils d’administration des futures sociétés sportives professionnelles, dont la création est prévue par l’article 120 de la proposition, a été soulignée. Cette mesure viserait à insérer les jeunes compétences et à réduire le chômage.
Le débat a également porté sur la gouvernance et les processus électoraux. L’article 13, relatif à la limitation des mandats au sein des bureaux exécutifs, a suscité des discussions. Si certains députés craignent que l’autorisation de trois mandats ne favorise l’accumulation de pouvoir et nuise à la crédibilité, les initiateurs de la réforme défendent cette disposition comme un gage de continuité pour les programmes de réforme.
La commission a décidé de programmer des auditions pour approfondir l’examen de ce texte.


