Le projet de Référentiel d’accréditation des établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a été au centre d’un atelier de travail organisé, ce samedi, à l’initiative de l’agence tunisienne d’évaluation et d’accréditation (ATEA), relevant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
La rencontre, dont l’objectif est de discuter de ce nouveau projet visant à renforcer le système d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique en Tunisie, a réuni des représentants d’organisations et d’instances professionnelles, comme l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), l’Ordre des ingénieurs, le Conseil national de l’Ordre des médecins, l’Ordre des experts-comptables, l’Ordre des pharmaciens, l’Institut arabe des chefs d’entreprises et l’Ordre national des avocats.
Il s’agit, en effet, du troisième atelier organisé dans le cadre d’une série de rencontres consultatives lancées autour de ce projet visant à s’aligne avec les standards et lignes directrices pour l’assurance qualité dans l’espace européen de l’enseignement supérieur.
En outre, l’objectif de l’atelier est de présenter, d’analyser et d’enrichir ce projet de référentiel dans le cadre d’une démarche participative, mobilisant les parties prenantes de l’ATEA afin d’assurer une appropriation collective du référentiel et d’en renforcer la pertinence dans le contexte tunisien.
Dans une déclaration à l’agence TAP, la directrice générale de l’ATEA, Salma Dammak, a indiqué que ce référentiel ambitionne d’améliorer la qualité des cursus, d’optimiser le positionnement international des institutions universitaires, de renforcer la reconnaissance des diplômes tunisiens et de soutenir l’employabilité des diplômés.
Elle a précisé que l’atelier s’inscrit dans une démarche de dialogue avec les acteurs économiques et sociaux autour d’un document préparé par le comité scientifique de l’Agence, après des consultations avec des experts et des responsables universitaires.
Elle a souligné que ce projet de référentiel constitue une première en Tunisie, en l’absence jusqu’ici d’un dispositif national dédié ajoutant que dans un premier temps, l’adhésion à ce processus restera volontaire et s’effectuera à la demande des établissements concernés, qui feront l’objet d’une évaluation externe complète avant toute décision.
Le référentiel couvre l’ensemble des dimensions de la vie universitaire, notamment la gouvernance, la conception des programmes, leur adéquation avec les perspectives d’emploi, l’organisation des examens, ainsi que les conditions de vie estudiantine et l’hébergement.
Entamée en 2024, son élaboration se poursuivra durant l’année 2026 afin d’intégrer les ajustements nécessaires, avant d’entamer une phase pilote dans un nombre restreint d’établissements, en vue d’une généralisation ultérieure. Son adoption définitive est attendue d’ici la fin de l’année, a -t-elle fait savoir.
La responsable a, par ailleurs, estimé que l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur ne peut dépendre uniquement des ressources budgétaires du ministère et requiert des mécanismes d’appui complémentaires, à l’image des programmes de soutien ayant permis à plusieurs institutions de bénéficier de financements additionnels pour renforcer leur gestion et leurs infrastructures.
De son côté, le président du comité scientifique de l’agence, Ali Mtiraoui, a indiqué que cet atelier vise à examiner la version préliminaire du référentiel avec les parties prenantes et à recueillir leurs observations en vue de finaliser le texte et de lancer la phase d’expérimentation dans trois ou quatre établissements.
Il a relevé que l’accréditation, bien que facultative à ce stade, revêt un intérêt stratégique puisqu’elle facilite l’accès au marché international, améliore le classement des universités et favorise l’insertion professionnelle des étudiants.
Il a précisé que l’évaluation reposera sur dix axes majeurs couvrant notamment la stratégie institutionnelle, la qualité de l’enseignement, la conformité des programmes, la recherche et la publication scientifique, les services d’appui, la vie étudiante et la responsabilité sociétale.
Une fois la demande déposée, l’Agence procédera à un audit externe aboutissant soit à l’octroi du label, soit à la formulation de recommandations d’amélioration avant réexamen, selon la même source.
Créée en 2022, l’ATEA œuvre à la mise en place du premier système national d’accréditation répondant aux normes internationales, avec l’appui de l’Union européenne à travers le programme PASE, piloté par l’agence allemande de coopération (GIZ).


