La Tunisie a entamé la mise en œuvre d’une stratégie promotionnelle globale visant à doubler les flux d’investissements directs étrangers pour atteindre 4 milliards de dinars,  à la lumière des résultats obtenus en 2025, qui ont vu une croissance des investissements étrangers de 30,1 %, selon  le ministre de l’Économie et de la planification, Samir Abdelhafidh, lors d’une séance plénière, tenue jeudi, au Parlement.

Le budget économique 2026 rompt avec les mécanismes traditionnels, adoptant, ainsi, une approche d’efficacité et d’efficience pour s’adapter aux transformations de la carte internationale des investissements, en mettant l’accent sur les activités à forte valeur ajoutée et sur la souveraineté industrielle.

En 2026, la Tunisie  adoptera une matrice de ciblage pays/secteur, selon une approche sectorielle précise visant à orienter les efforts vers les activités à forte valeur ajoutée.

Le gouvernement place le secteur de l’industrie automobile au premier rang de ses priorités.

Ainsi, le taux d’intégration industrielle devra passer  de 40 % à 55 % d’ici la fin de l’année, ce qui signifie que la Tunisie passera d’une simple plateforme d’assemblage à un véritable centre de fabrication de composants complexes.

Cette approche repose sur l’attraction d’entreprises capables de créer des chaînes d’importation locales intégrées, ce qui renforcera la capacité de la Tunisie à s’intégrer dans les réseaux mondiaux d’intégration industrielle, en plus des secteurs de l’aéronautique, de l’industrie pharmaceutique, des textiles techniques et de l’économie numérique.

Carte nationale de l’investissement : une étape stratégique pour réaliser la justice du développement et garantir un  développement régional équilibré

La carte nationale de l’investissement sera officiellement lancée en 2026. Cette carte vise à activer la décentralisation économique en mettant en évidence les avantages préférentiels de chaque région et district à travers la liaison entre les ressources naturelles et humaines, les spécificités culturelles, la localisation géographique de chaque région et les opportunités d’investissement disponibles.

Grâce à cette carte, l’État s’attache à orienter les investissements étrangers vers des secteurs prometteurs dans les régions intérieures, tels que l’agriculture avancée, le tourisme alternatif et les industries manufacturières, d’une manière qui assure la création d’un équilibre entre les régions et améliore la compétitivité de l’économie nationale dans son ensemble.

La nouvelle stratégie va au-delà de la signature de contrats pour accompagner l’investisseur, car elle témoigne d’une transformation radicale des services « le soin en aval » en soutenant les plans d’extension des entreprises existantes, en facilitant l’accès au financement et aux partenaires locaux, et en développant  un système intégré pour surveiller les indicateurs de performance liés à la satisfaction des investisseurs et aux taux de réinvestissement.

Il s’agit également  d’organiser des visites périodiques sur le terrain auprès des entreprises étrangères installées en Tunisie et de faciliter les services administratifs liés aux autorisations et visas.

Pour la première fois, l’État œuvrera à construire une marque économique intégrée qui promeut la Tunisie comme une destination d’innovation, pas seulement pour la main-d’œuvre moins chère. Cette tendance sera commercialisée à travers des plateformes numériques unifiées sous le slogan « Invest in Tunisia », ou “investir en Tunisie” dans le but d’unifier le discours diplomatique et économique devant les cercles financiers et commerciaux internationaux.

La marque économique pour la Tunisie sera préparée sur la base d’expériences comparatives, de Benchmarking, en mettant l’accent sur les spécificités de la destination et de la promotion tunisienne, notamment l’investissement, le renouvellement et le plan marketing de la marque.

Avec cette stratégie cohérente, la Tunisie œuvre non seulement à augmenter les flux financiers, mais aussi à transformer l’investissement étranger en un véritable moteur de développement global et d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales, bénéficiant d’une confiance renouvelée confirmée par les chiffres de croissance enregistrés l’année dernière.