La Maison de la Culture Ibn Rachiq accueille du 1er au 15 février 2026, l’exposition “Œil,Pierre Photo : Jeux quotidiens et autres possibilités historiques” d’Emna Chaabouni et Yesmine Ben Salah à la Maison de la Culture Ibn Rachiq. Aux thématiques puriformes, cette immersion visuelle met en lumière le village de Kesra, au Nord-Ouest de la Tunisie située sur la bordure nord de la dorsale tunisienne, une sentinelle de pierre accrochée aux montagnes, souvent oubliée des regards.
Les porteuses de cette exposition appellent le public à venir voir, discuter et déranger autour de leurs oeuvres sur Kesra considéré comme un poème visuel entre roche et ciel.
Ce village se ” présente comme un vieux poème dont on aurait égaré l’auteur. C’est là-bas, entre les pierres silencieuses et les cerisiers en fleurs, que les images du collectif LUNE DÉRAISON ont pris forme. Plus qu’un simple témoignage, cette exposition est une méditation sur le quotidien et sur la relation intime qui lie les habitants à leur architecture et à la nature environnante. Kesra est belle, oui. Mais elle est surtout réelle, cabossée, digne. Elle dérange le confort des cartes figées “.
Au-delà de l’inventaire touristique loin de la nostalgie sous cadre ou du cliché folklorique, ces photographies saisissent de la matière vivante et des fragments de gestes et des rires d’enfants. Des murs fissurés qui défient le temps. Des portraits de famille tissant un lien indéfectible entre passé et présent.
Ces artistes ont choisi en tant que membres du groupe LUNE DÉRAISON, issues de diverses régions, pour dire la révolution ne s’est pas jouée que sur les grandes avenues. Depuis huit ans, le collectif a “adopté” ce village, convaincu que l’art ne sert pas à sauver, mais à souligner, déplacer et faire réfléchir.
Il s’agit d’un acte de tendresse et de révolte, un hommage à cette “cité suspendue” qui mérite une attention pleine et entière. À Kesra, le temps s’effiloche et les artistes en ont attrapé quelques fils pour les présenter au public.


